Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406630
lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406630 |
| Type | Ordonnance |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2024, Mme B A, représenté par Me De Sa-Pallix, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 avril 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé le renouvellement de son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail ou une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans les 7 jours suivant la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que sont de nature à créer un doute sérieux les moyens suivants tirés de ce que cette décision:
- est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation
- est entachée d'une incompétence du signataire de la décision ;
- de ce qu'elle elle n'a pas été entendu avant la prise de cette décision ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît l'article L. 432 -13 du CESEDA
- méconnaît les articles L. 423 - 23 et L. 425-9 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale dès lors qu'elle a tissé des liens depuis 9 ans avec le personnel soignant de l'EHPAD où elle est prise en charge et qu'elle n'a plus aucun lien avec sa fille restée au Ghana ;
- d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est cru lié par l'avis du collège des médecins de l'OFII et n'a pas vérifié qu'elle pouvait prétendre de plein droit à la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n° 2406585 par laquelle la personne requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Aucun des moyens invoqués par Mme A à l'encontre de la décision en litige n'est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Cergy le 3 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.