Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407020
lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 16 mai et 13 juin 2024, M. B C A, représenté par Me Semak, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans l'attente du jugement au fond, dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros hors taxe au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour, qu'en outre il est exposé à la perte de son emploi alors qu'il s'est vu reconnaitre la qualité de travailleur handicapé et qu'il doit faire face à ses obligations locatives ;
Les moyens suivants de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure viciée en ce l'absence de saisine de la commission du titre de séjour et en l'absence de production de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, le privant d'une garantie essentielle ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne peut accéder aux soins essentiels à son état de santé dans son pays d'origine ;
- elle méconnait l'autorité de la chose jugée, en ce qu'il n'y a aucun changement dans les circonstances de fait et de droit quant à la gravité de son état de santé et à l'absence d'accès aux soins au Nigéria ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'exercice du pouvoir d'appréciation par le préfet, dès lors qu'il s'est cru lié par l'avis rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du CESDA et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Versailles ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et professionnelle, ainsi que sur sa santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juin 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun moyen n'est de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2406941, enregistrée le 15 mai 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 20 juin 2024 à 10 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;
- et les observations de Me Ben Gadi substituant Me Semak, représentant M A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant nigérian né le 22 avril 1963, est entré en France le 25 février 2014 et a été mis en possession de plusieurs titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", depuis le 13 septembre 2016, dont le dernier a expiré le 18 janvier 2024. Il en a sollicité le renouvellement et par une décision en date du 12 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande. Par une décision en date du 12 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par le requérant, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter la requête, y compris ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles tendant au versement d'une somme au titre des frais du procès.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A, au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 24 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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