Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407029
mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, M. A B, représenté par Me Ganem, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;
4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à l'effacement du signalement le concernant au sein du système d'information Schengen dès la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 23 février 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
S'agissant de l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure en absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnait l'article 7bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elle méconnait l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'arrêté du 13 mars 2024 portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois :
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robert comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Robert, magistrat désigné, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'incompétence de la formation de jugement pour connaître des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 avril 2024 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- les observations de Me Ganem, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. B, qui exprime des regrets quant à son passé judiciaire, précise qu'il est bien inséré dans la société française et qu'il n'a plus d'attaches en Algérie.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 29 février 1992, déclare être entré en France en 2000 et a bénéficié d'un certificat de résidence algérien valable du 26 avril 2010 au 25 avril 2020. Le 27 janvier 2023, M. B a présenté une demande de renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 26 juillet 2023, le préfet de Seine-et-Marne a regardé cette demande comme portant sur une première délivrance de titre de séjour et l'a rejetée. Par une ordonnance du 20 novembre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a suspendu l'exécution de cet arrêté et enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer la demande présentée. Par un arrêté du 23 février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 13 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois. Par la présente requête, M. B sollicite l'annulation de ces deux arrêtés qui lui ont été notifiés concomitamment par voie postale le 15 mai 2024.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8 ".Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence () / (), lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. () ".
3. En application des dispositions précitées, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et assignant le requérant à résidence. En revanche, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français en litige a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de titre de séjour, à fin d'injonction à la délivrance ou au réexamen, qui sont l'accessoire d'une demande d'annulation de la décision de refus de titre de séjour, ainsi que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif.
4. En application de ces dispositions, il y a lieu de renvoyer devant la formation collégiale du tribunal administratif les conclusions de M. B dirigées contre le refus de lui délivrer un titre de séjour. Il en va de même des conclusions à fin d'injonction qui en sont l'accessoire, ainsi que de la demande relative aux frais liés au litige. Dès lors, il n'y a lieu de statuer, dans la présente instance, que sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi, interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et assignation à résidence pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois, ainsi que sur les conclusions relatives à l'effacement du signalement au sein du système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 23 février 2024 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation le pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
S'agissant de l'ensemble des décisions attaquées :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En second lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet n'aurait pas procédé, avant son édiction, à l'examen particulier de la situation personnelle de M. B.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et des moyens soulevés en l'état du débat que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour serait illégale. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. M. B soutient qu'il réside en France depuis 2000, qu'il y a achevé ses études et exercé une activité professionnelle, qu'il n'a plus d'attaches familiales dans son pays d'origine et que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public eu égard à l'ancienneté des faits qui lui sont reprochés. Toutefois, si le requérant justifie la régularité du séjour de ses parents et de sa fratrie sur le territoire français, il est âgé de 32 ans à la date de la décision attaquée et ne justifie pas la nécessité de résider à leur côté. En outre, célibataire et sans enfant, il ne démontre pas avoir noué des liens particulièrement significatifs au cours de son séjour en France. De surcroît, il ne justifie pas d'une particulière insertion au sein de la société française. Sur ce point, il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné par le tribunal judicaire de Paris le 6 octobre 2014 au paiement d'une amende de 500 euros d'amende et à une suspension du permis de conduire pendant 10 mois pour refus, par le conducteur d'un véhicule, de se soumettre aux vérifications tendant à établir l'état alcoolique et conduite d'un véhicule en état d'ivresse manifeste, puis par le tribunal judicaire de Nanterre le 3 décembre 2015 au paiement d'une amende de 900 euros pour des faits d'acquisition non autorisée de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants et détention non autorisée de stupéfiants, puis par le tribunal judicaire de Paris le 21 juin 2019 à une peine de 4 ans d'emprisonnement pour des faits de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours (récidive de tentative), puis par le tribunal judicaire de Paris le 5 novembre 2019 à une peine de 6 ans d'emprisonnement et à un suivi socio-judiciaire pendant 10 ans pour des faits d'agression sexuelle imposée à un mineur de 15 ans, corruption de mineur de 15 ans, usage illicite de stupéfiants et violence sur un mineur de 15 ans sans incapacité. Si le requérant exprime des regrets quant à ce passé judiciaire, le préfet des Hauts-de-Seine est fondé, eu égard à la persistance de ce comportement délictuel malgré une première condamnation pénale et à la particulière gravité des faits ayant entrainé les deux dernières condamnations pénales, à estimer que le comportement de M. B représente une menace à l'ordre public. Enfin, le requérant ne démontre, ni même n'allègue, l'existence d'obstacles réels et sérieux à un retour dans son pays d'origine. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels sa décision a été prise et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () ".
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le comportement de M. B constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation que le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
15. Il appartenait au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a accordé aucun délai de départ volontaire à M. B, d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre d'une interdiction de retour sur le territoire français dont la durée ne pouvait excéder cinq ans. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit aux points précédents, le comportement de M. B constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée, qui limite à un an l'interdiction de retour sur le territoire français, serait disproportionnée au regard du but poursuivi. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté du 13 mars 2024 portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ".
17. M. B fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai prise à son encontre le 23 février 2024. En outre, il n'est pas établi que l'éloignement du requérant du territoire français ne demeurerait pas une perspective raisonnable. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant est domicilié à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et, s'il fait valoir qu'il exerce une activité d'ouvrier polyvalent sous couvert d'un contrat de travail à durée déterminée d'insertion par activité économique établi le 16 février 2024, il n'apporte pas de précisions sur les horaires d'exercice de cet emploi et ne démontre pas que celui-ci nécessite des déplacements en dehors du département des Hauts-de-Seine pendant la période d'assignation à résidence. Au demeurant, l'article 2 de l'arrêté attaqué dispose que les conditions d'assignation peuvent être modifiées par l'administration sur justification, par l'intéressé, d'impératifs de vie privés et familiale. Enfin, le requérant est célibataire et sans enfant. Dans ces conditions, M. B ne fait état d'aucune circonstance propre à sa situation qui permettrait d'estimer que la mesure d'assignation à résidence dans ce département prise à son encontre avec obligation d'être présent à son domicile chaque vendredi de 19h à 20h et chaque samedi de 8h à 10h, et de se présenter chaque lundi, mercredi et vendredi, sauf jours fériés, à 10h au commissariat d'Issy-les-Moulineaux pendant une période de 45 jours, renouvelable deux fois, présenterait un caractère disproportionné. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 17, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doit être rejeté. Par voie de conséquence, les conclusions relatives à l'effacement de son signalement au sein du système d'information Schengen doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 23 février 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ainsi que celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige, sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
D. Robert La greffière,
Signé
Z. Bouayyadi
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24070292
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