Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407048

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407048
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mai 2024, Mme B C, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Elle soutient que l'arrêté contesté méconnait son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;

- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Ouillon pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique du 28 mai 2024 :

- le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné,

- et les observations de Mme C, qui soutient qu'elle ne parle pas italien, qu'elle est présente sur le territoire français depuis le 25 décembre 2023 et qu'elle entretient une relation avec un compatriote qui réside en France sous couvert d'une carte de résident de 10 ans.

Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante camerounaise née le 21 septembre 1991, a sollicitée son admission au séjour au titre du droit d'asile le 8 mars 2024, auprès des services du préfet des Hauts-de-Seine. Les autorités italiennes, saisies le 12 mars 2024 d'une demande de prise en charge de Mme C, ont accepté implicitement la requête du préfet le 12 mai 2024. Par un arrêté du 16 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé le transfert de Mme C aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Mme C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

3. En l'espèce, si Mme C soutient qu'elle réside en France depuis le mois de décembre 2023 et qu'elle entretient une relation avec un compatriote qui est titulaire d'une carte de résident, sans, au demeurant, l'établir, ces seules circonstances ne saurait caractériser une atteinte disproportionnée par le préfet des Hauts-de-Seine à son droit au respect de sa vie privée et familiale en décidant son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 16 mai 2024 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 juin 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. Ouillon La greffière,

signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.