Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407077

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407077
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, Mme B, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a implicitement refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour à compter du 16 avril 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 30 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 48h à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 400 euros par jour de retard en application des articles L. 911-11 et L. 911-12 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'absence de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour l'empêche de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, l'empêche de travailler et de se loger alors qu'une décision d'expulsion de son logement, prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Pontoise, le 19 décembre 2023, lui indique la date du 25 mai 2024 comme dernier délai pour quitter les lieux.

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa liberté d'aller et de venir ; l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 13 Janvier 2023, le préfet du Val d'Oise a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme A B, ressortissante gabonaise, née le 21 avril 1989, et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire. Par un jugement du 20 novembre 2023, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cette décision et enjoint au préfet du Val d'Oise de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de deux mois. Une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable trois mois lui a été remise le 15 décembre 2023. Cette autorisation n'a pas été renouvelée.

2. Aux termes de L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :

3. Si, pour le cas où l'ensemble des conditions posées par l'article L.521-2 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut prescrire " toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale ", de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un " caractère provisoire ". Il suit de là que le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'une décision administrative. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées dans le cadre de l'instance en référé sont manifestement irrecevables.

Sur les autres conclusions :

4. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.

5. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, Mme B fait valoir qu'elle se voit privée de la liberté d'aller et venir. Elle ajoute qu'elle est en instance d'expulsion de son logement. Toutefois, ces circonstances, aussi regrettables qu'elles soient, ne sont pas, à elles seules, de nature à justifier de l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, y compris celles liées aux frais du litige, la requête de Mme B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Cergy, le 21 mai 2024.

Le juge des référés.

signé

L. Buisson

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0