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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2407112

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407112

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407112
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantAMANN OLIVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 mai 2024, M. A B, représenté par Me Amman, forme opposition à la contrainte émise le 15 juillet 2023 par la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise en tant qu'elle porte sur un indu d'aide personnalisée au logement de 2 522, 46 euros afférent à la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2020 et deux indus d'aide COVID-19 de 400 euros chacun portant sur les périodes du 1er au 30 avril 2020 et du 1er au 30 septembre 2020.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

Sur l'indu d'aide personnalisée au logement :

2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 de ce code : " () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition ". Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. / () ".

3. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'aide personnalisée au logement n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de la caisse d'allocations familiales dans les conditions prévues par l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.

4. A l'appui de ses conclusions dirigées contre la contrainte en litige en tant qu'elle tend au recouvrement d'un indu d'aide personnalisée au logement, M. B, qui soutient avoir vécu, un temps seulement avec une compagne dont il s'est séparé en 2021 et dont l'homonymie est sans doute à l'origine d'une erreur commise par la caisse d'allocations familiales dès lors qu'il n'a jamais perçu les sommes en litige et qu'ainsi la réclamation de la caisse d'allocations familiales devrait être dirigée contre son ex-compagne, entend seulement contester le bien-fondé de l'indu. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que, préalablement à la saisine du tribunal, il aurait effectué contre cet indu un recours administratif préalable auprès de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise, afin d'en contester le bien-fondé. Dans ces conditions, en l'absence de recours préalable obligatoire, les moyens soulevés par M. B tendant à la contestation du bien fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement sont irrecevables.

Sur les indus d'aide COVID-19 :

5. A l'appui de sa demande d'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle tend au recouvrement de deux indus d'aide covid-19, le requérant se prévaut des moyens, rappelés au point 4, et tirés de ce qu'il n'a jamais touché les sommes en litige qui ont sans doute été versées à son ex-compagne, que l'erreur de a caisse d'allocations familiales tient à leur homonymie mais qu'ils sont séparés depuis 2021 et qu'il n'a jamais existé de communauté légale entre eux ou de solidarité entre leurs patrimoines respectifs et qu'ainsi la réclamation de la caisse d'allocations familiales devrait être dirigée contre son ex-compagne. Toutefois, M. B, qui est représenté par un avocat, n'apporte aucune autre précision dans ses écritures, ni ne verse aucune pièce au soutien de ses allégations, n'ayant au demeurant versé à l'instance que la décision qu'il attaque accompagnée de l'enveloppe de sa notification. En l'état, le moyen n'est donc manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, qui ne comporte que des moyens irrecevables ou manifestement non assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, peut par suite être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 22 novembre 2024,

La vice-présidente,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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