Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407360
jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407360 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, M. C B, représenté par
Me Abitbol, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une date de convocation à un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de délivrance d'un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il est dans l'impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) en raison d'un blocage de son compte, ce qui le place dans une situation très difficile avec le risque de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que ses tentatives d'enregistrement de sa demande sont restées infructueuses ;
- le traitement anormalement long de sa demande trouve son origine dans un dysfonctionnement du service public ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas présenté d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 10 août 1990, s'est marié le 2 décembre 2023 avec M. A, titulaire d'un titre de séjour portant la mention " Passeport Talent ". N'ayant pu faire enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité de membre de la famille d'un " Passeport Talent ", M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. Il résulte de l'instruction que, suite à un courriel de son conseil, l'Agence nationale des titres sécurisés a informé M. B, par un courriel du 11 avril 2024, qu'une " décision a été rendue par [votre] préfecture " et qu'il devait se connecter à son compte ANEF et en consulter les notifications pour en connaître l'issue. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé ne justifie pas avoir satisfait à cette démarche, il ne résulte pas de l'instruction que la mesure sollicitée ne ferait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 27 juin 2024
La juge des référés,
Signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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