Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407400
jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407400 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, M. C D B A, représenté par Me Fabreguettes, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le convoquer en vue de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il s'agit d'une demande de renouvellement de son titre de séjour, qu'il établit avoir vainement solliciter un rendez-vous depuis plusieurs mois sur le site " Démarches simplifiées " mais aussi par téléphone, par courrier et sur place, et que son maintien sur le territoire est nécessaire en raison de son état de santé ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que cela fait plusieurs mois que ses tentatives de prise de rendez-vous sont infructueuses ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B A, ressortissant péruvien né le 6 novembre 1986, est entré en France en septembre 2009. Il s'est vu délivrer en dernier lieu un titre de séjour " étranger malade " le 15 mars 2023 pour une durée d'un an. N'ayant pu obtenir de rendez-vous pour renouveler son titre, l'intéressé demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous pour déposer sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Si, dans le cadre d'un " téléservice ", l'étranger, après avoir déposé son formulaire de demande et les pièces justificatives exigées, établit ne pas avoir été convoqué dans un délai raisonnable, en dépit de plusieurs relances auprès des services de la préfecture, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de l'absence de convocation sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Si M. B A soutient avoir vainement essayé de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour sur les site " Démarches simplifiées ", en se rendant à la préfecture des Hauts-de-Seine ou en contactant ses services par téléphone et par courrier, il se borne à produire une copie d'écran non datée du tableau de bord de l'espace " Démarches simplifiées " ainsi qu'un courrier de son conseil, à destination du préfet des Hauts-de-Seine, daté du 14 mars 2024, date d'expiration de son titre. Par suite, ces éléments ne permettent pas de démontrer l'existence d'un dysfonctionnement du téléservice et l'intéressé ne justifie pas avoir vainement relancé à plusieurs reprises, en temps utile, les services de la préfecture des
Hauts-de-Seine pour obtenir un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il suit de là que la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par M. B A ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 27 juin 2024
La juge des référés,
Signé
A. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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