Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407601

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407601
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Cloris, avocat, demande au juge des référés statuant par application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative de modifier les mesures ordonnées dans l'ordonnance n° 2405245 en date du 6 mai 2024 par une nouvelle injonction tendant à ce que le préfet des Hauts-de-Seine lui délivre une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, à envoyer par courrier à son domicile ou par courriel à son conseil, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Mme B soutient que l'administration ne lui a pas délivré une autorisation de séjour lui permettant de travailler, en dépit de l'article 2 de l'ordonnance du juge des référés

n° 2405245 du 6 mai 2024.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine et au préfet du Val-d'Oise qui n'ont produit aucune observation en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2405245 rendue le 6 mai 2024 par le juge des référés du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Vu le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 10 juin 2024 à 12 heures.

Aucune des parties n'était présente ou représentée à l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'ordonnance n° 2405425 du 6 mai 2024, le juge des référés du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative, a, notamment, enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer à Mme B dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler. Mme B est désormais domiciliée à Châtillon dans les Hauts-de-Seine. Cette injonction n'ayant pas été suivie d'effet, Mme B, par la présente requête, saisit le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-4 du code de justice administrative, et lui demande d'adresser au préfet des Hauts-de-Seine une nouvelle injonction tendant à ce qu'une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler lui soit délivrée dans un délai de trois jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".

3. D'une part, les décisions du juge des référés statuant en application de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative sont, conformément au principe rappelé à l'article

L. 11 du code de justice administrative, exécutoires en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice.

4. D'autre part, si l'exécution d'une ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par l'article L. 911-4 dudit code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code précité, de compléter ou de modifier la décision demeurée sans effet. L'inexécution d'une décision juridictionnelle présente le caractère d'un " élément nouveau " au sens des dispositions de ce dernier article.

5. Il n'est pas contesté que l'ordonnance du juge des référés du 6 mai 2024 n'a pas été exécutée par l'administration. Mme B est, par suite, recevable à en rechercher l'exécution sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

6. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête n° 2405263, de délivrer à Mme B, avant le 15 juin 2024, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.

7. Il y a également lieu d'assortir cette injonction, en cas d'inexécution dans le délai fixé ci-dessus, d'une astreinte d'un montant de 100 (cent) euros par jour de retard.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête n° 2405263, de délivrer à Mme B, avant le 15 juin 2024, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler.

Article 2 : En cas d'inexécution de l'injonction prononcée ci-dessus, une astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard est prononcée contre l'État.

Article 3 : Le préfet des Hauts-de-Seine communiquera au greffe du Tribunal, dans le délai de huit jours, les éléments justifiant de ses diligences et des mesures prises pour exécuter la présente ordonnance.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet des

Hauts-de-Seine. Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait, à Cergy-Pontoise, le 10 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

K. Kelfani

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de Mme B, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.