Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407622

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407622
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. A B, représenté par Me Sangue, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du préfet des Hauts-de-Seine portant refus de renouvellement d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre le préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, dès lors qu'il est dépourvu de tout document justifiant la régularité de son séjour et que son contrat de travail a été suspendu ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer de la requête. Il fait valoir que le titre de séjour demandé est en cours de fabrication et sera disponible au retrait dans les prochains jours.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2407956, enregistrée le 28 mai 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 18 juin 2024 à

10 heures 00.

A été entendu lors de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière, le rapport de M. Thobaty, juge des référés. Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 26 juillet 1980, a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 13 octobre 2022. Il en a demandé le renouvellement et a été mis en possession de plusieurs récépissés, dont le dernier est arrivé à expiration le 20 mai 2024. Il a sollicité le renouvellement de son récépissé le 21 mai 2024, demande que le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il résulte de l'instruction que le préfet des Hauts-de-Seine, dans son mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, a informé le tribunal que le titre de séjour demandé par

M. B lui a été accordé et est en cours de fabrication. Dans ces conditions, les conclusions principales sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine

Fait à Cergy, le 19 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

G. Thobaty

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.