Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407641

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407641
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, la communauté d'agglomeration de Cergy-Pontoise (CACP), représentée par Me Symchowicz, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la société Project Assistance de libérer le local qu'elle occupe irrégulièrement au sein des Ateliers Locatifs de Chennevières délimité à l'article 1er de la convention et d'évacuer le matériel et les matériaux leur appartenant illégalement entreposés dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de la société Project Assistance la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la société Project Assistance occupe sans droit ni titre le local situé au sein des Ateliers locatifs de Chennevières et qu'elle porte atteinte au fonctionnement normal de ce service public, lequel facilite le développement économique de petites entreprises locales ; qu'en outre, elle empêche l'installation de nouvelles sociétés dans ce local et qu'enfin, elle a cessé de verser les redevances contractuellement dues en contrepartie de l'occupation ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'elle ne dispose d'aucun autre moyen de faire cesser l'occupation illicite du local occupé par la société Project Assistance et que ce local doit être libéré en vue de permettre l'intégration de nouvelles sociétés ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que la convention autorisant la société Project Assistance à occuper le local litigieux est arrivée à expiration et que celle-ci a été invitée, à plusieurs reprises, à quitter les lieux ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée à la société Project Assistance, laquelle n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 13 juin 2024 à 14h00.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;

- les observations de Me Scanvic substituant Me Symchowicz, représentant la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens. ;

- et les observations du représentant de la société Project Assistance qui indique que l'évaluation est en cours.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, la CACP demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la société Project Assistance de libérer le local qu'elle occupe irrégulièrement au sein des Ateliers Locatifs de Chennevières.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Il résulte de l'instruction que la société Project Assistance occupe un local à usage professionnel situé dans la zone de redynamisation urbaine de Chennevières à Saint-Ouen l'Aumône dans le cadre d'une convention d'occupation conclue avec la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise (CACP). Cette convention a été renouvelée à deux reprises le 5 décembre 2019 pour une année, jusqu'au 17 août 2020 et le 10 juillet 2020 pour deux ans, jusqu'au 17 août 2022. La société Project Assistance a sollicité la prolongation de la convention d'occupation et celle-ci a été prolongée à trois reprises jusqu'au 31 mai 2023. La société Project Assistance, tout en continuant à occuper le local aux Ateliers de Chennevières, a cessé de s'acquitter de la redevance due en contrepartie de l'occupation domaniale, qui qui a conduit à l'émission d'un titre de recettes pour le recouvrement de ces sommes. Les montants des redevances au titre des périodes du 15 septembre au 31 novembre 2023, du 1er décembre au 31 janvier 2024 et du mois de février 2024 n'ont pas été perçus par la CACP. La société Project Assistance a toutefois décidé de se maintenir dans les lieux. La CACP, par courrier recommandé du 8 août 2023, a mis en demeure la société Project Assistance de quitter les lieux et d'enlever le matériel entreposé, au 15 septembre 2023. Cette demande est restée sans suite.

4. Ces éléments établissent que la société Project Assistance ne dispose d'aucun droit à se maintenir dans ces locaux et que d'autres société sont attente de pouvoir bénéficier du mécanisme de pépinière d'entreprise pour développer leur activité. Par suite, la libération du logement occupé présente un caractère d'utilité et d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la société Project Assistance comme à tout occupant, d'évacuer les locaux qu'elle occupe au sein des Ateliers Locatifs de Chennevières délimité à l'article 1er de la convention et d'évacuer le matériel et les matériaux leur appartenant illégalement entreposés dans le délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir. Il n'entre en revanche pas dans l'office du juge du juge des référés d'autoriser la requérante d'accorder le concours de la force publique pour l'exécution de la présente décision qui n'a fait l'objet d'aucun refus de la part de l'Etat.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'évacuation en cours des locaux, il n'y a lieu de faire droit aux conclusions présentées par la communauté d'agglomeration de Cergy-Pontoise au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à la société Project Assistance comme à tout occupant, d'évacuer les locaux qu'elle occupe au sein des Ateliers Locatifs de Chennevières délimité à l'article 1er de la convention et d'évacuer le matériel et les matériaux leur appartenant illégalement entreposés dans le délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la communaute d'agglomeration de Cergy-Pontoise, à la société Project Assistance et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 14 juin 2024.

Le juge des référés,

signé

G. Thobaty

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.