Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407711

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2407711
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 30 mai, le 11 et le 12 juin 2024, M. B, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de son transfert aux autorités espagnoles responsables de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à Me de Seze, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

M. B soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé et résulte d'un examen insuffisant de sa situation personnelle ;

- il n'est pas établi que les brochures d'information lui aient été lues par un interprète en langue soninke, dès lors qu'il ne sait pas lire ;

- il n'est pas davantage établi qu'un entretien ait été mené par un agent dûment habilité par le préfet et qualifié ;

- l'arrêté méconnaît les articles 23 et 25 du règlement (UE) n°604/2013 faute que l'accord à son transfert des autorités espagnoles soit justifié par le préfet ;

- en s'abstenant de faire application de l'article 17 du règlement 604/2013 du 26 juin 2013 le préfet a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier du requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n°603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (CE) n°1560 2013 du 2 septembre 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Charlery conformément à l'article L. 572-5 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux des décisions de transfert.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 13 juin 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien né le 31 décembre 1999, a introduit une demande d'asile en France le 13 mars 2024. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation du fichier " Eurodac " a révélé que les empreintes de l'intéressé avaient été relevées par les autorités espagnoles préalablement au dépôt de sa demande d'asile en France. Ces autorités, saisies le 18 mars 2024 d'une demande de prise en charge de M. B, n'y ont apporté aucune réponse. De leur silence est né, le 18 mai 2024, un accord implicite au transfert, en application de l'article 22 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, dont elles ont été informées par un message du 21 mai 2024, conformément à l'article 10 du règlement (CE) n°1560 2013 du 2 septembre 2013. Par un arrêté en date du 23 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de transférer M. B aux autorités espagnoles. Le requérant demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative". Il résulte de ces dispositions que, s'agissant d'un étranger ayant, dans les conditions posées par le règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, présenté une demande d'asile dans un autre Etat membre et devant, en conséquence, faire l'objet d'une reprise en charge par cet Etat, doit être regardée comme suffisamment motivée la décision de transfert à fin de reprise en charge qui, après avoir visé le règlement, relève que le demandeur a antérieurement présenté une demande dans l'Etat en cause, une telle motivation faisant apparaître qu'il est fait application du b), c) ou d) du paragraphe 1 de l'article 18 ou du paragraphe 5 de l'article 20 dudit règlement.

5. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les textes applicables, notamment le règlement (UE) n°604/2013 relatif aux mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile. Il précise en outre que les données du fichier " Eurodac " ont révélé que les empreintes de M. B avaient été relevées le 31 janvier 2024 par les autorités espagnoles, lesquelles, saisies le 18 mars 2024 d'une demande de prise en charge sur le fondement de l'article 13-1 du règlement (UE) n°604/2013, l'ont implicitement acceptée le 18 mai suivant, ce dont elles ont été informées par un message en date du 21 mai 2024. Par ailleurs, l'arrêté mentionne, d'une part, que l'intéressé ne relève d'aucune des clauses dérogatoires prévues par les articles 3-2 et 17 du règlement (UE) n°604/2013 et, d'autre part, que la mesure de transfert ne contrevient pas à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. B ayant déclaré être célibataire et sans enfants et n'établissant pas être dans l'impossibilité de retourner en Espagne. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.

6. En deuxième lieu, si M. B allègue que l'absence de mention dans l'arrêté de son oncle, qu'il est venu rejoindre en France, révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle, il est constant que l'autorité administrative n'est pas tenue de faire état de l'ensemble des éléments de la situation personnelle et familiale de l'étranger dont la situation est instruite qui ont été portés à sa connaissance. En l'espèce, le préfet des Hauts-de-Seine, en mentionnant que M. B ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale en France stable, a examiné sa situation familiale. D'une manière générale, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des mentions de l'arrêté en litige, eu égard notamment aux éléments de motivation mentionnés ci-dessus, que le préfet des Hauts-de-Seine aurait insuffisamment examiné la situation personnelle de M. B. Il suit de là que le moyen tiré d'un tel défaut d'examen ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous hypothèse, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie. D'autre part, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. / En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu'à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Le nom et les coordonnées de l'interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l'étranger ".

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les brochures dites " A " et " B ", intitulées " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - Quel pays sera responsable de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", qui comprennent l'ensemble des informations devant être communiquées en vertu des dispositions précitées, ont été remises à M. B le 13 mars 2024, en soninké, langue comprise par l'intéressé comme en atteste sa signature apposée sur la première page de chacune des brochures et que, lors de l'entretien réalisé le même jour, le requérant a pu être assisté d'un interprète dans cette langue mis à disposition par l'association ISM interprétariat, organisme agréé. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que les brochures " A " et " B " lui ont été communiquées dès l'enregistrement de sa demande de protection internationale en France, soit en temps utile avant l'intervention de la décision de transfert litigieuse. Enfin, les mentions portées sur ces documents, revêtus de l'indication de la date de remise et de la signature du requérant, attestent de leur communication intégrale, M. B ayant par ailleurs certifié avoir reçu l'information sur les règlements communautaires au cours de l'entretien qui lui a été accordé le même jour en préfecture. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () /4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".

10. Si M. B soutient que faute d'identification de l'agent ayant procédé à son entretien individuel, il est impossible de s'assurer de ce qu'il disposait d'une délégation de signature du préfet des Hauts-de-Seine, un tel moyen est inopérant dès lors que le compte-rendu résultant de cet entretien n'ayant pas le caractère d'une décision administrative ne nécessite pas qu'une délégation de signature soit accordée à l'agent ayant mené l'entretien. M. B confirme ainsi les mentions de l'arrêté en litige selon lesquelles il a effectivement bénéficié d'un entretien individuel réalisé à la préfecture des Hauts-de-Seine, le 13 mars 2024, en soninké, qu'il a déclaré comprendre. Le résumé de cet entretien, sur lequel est apposée la signature de M. B, mentionne que l'entretien a été mené par un agent de la préfecture, qui a revêtu le document de ses initiales. Par ailleurs, et alors que ni les dispositions précitées, ni aucun autre texte ou principe n'imposent la mention sur le compte-rendu de l'entretien individuel de l'identité de l'agent de la préfecture ayant mené cet entretien, le préfet des Hauts-de-Seine verse à l'instance la décision du 13 mars 2024 fixant la liste des agents habilités à mener l'entretien individuel prévu à l'article 5 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013, parmi lesquels figure le nom de l'agent qui a revêtu le compte-rendu de ses initiales. Enfin, aucun élément du dossier ne permet d'établir que cet entretien individuel n'aurait pas eu lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Par suite, M. B ne peut soutenir qu'il a été privé d'une garantie. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne peut qu'être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 23 du règlement n°604/2013 susvisé : " 1. Lorsqu'un État membre auprès duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), a introduit une nouvelle demande de protection internationale estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. 2. Une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac ("hit"), en vertu de l'article 9, paragraphe 5, du règle ment (UE) n° 603/2013." Et aux termes de l'article 25 du même règlement : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de reprise en charge de la personne concernée aussi rapidement que possible et en tout état de cause dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la date de réception de la requête. Lorsque la requête est fondée sur des données obtenues par le système Eurodac, ce délai est réduit à deux semaines. 2. L'absence de réponse à l'expiration du délai d'un mois ou du délai de deux semaines mentionnés au paragraphe 1 équivaut à l'acceptation de la requête, et entraîne l'obligation de reprendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée. "

12. Il est constant que M. B n'a pas introduit de demande d'asile en Espagne et que le préfet des Hauts-de-Seine a fondé sa décision de transfert sur les dispositions du paragraphe 1 de l'article 13 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 qui fixent les règles de détermination de l'Etat responsable en cas de franchissement irrégulier par le demandeur de la frontière d'un Etat membre dans lequel il est entré en provenance d'un Etat tiers. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision contestée aurait été prise en méconnaissance des dispositions des articles 23 et 25 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, dès lors que celles-ci sont relatives à la présentation d'une requête aux fins de reprise en charge lorsqu'une nouvelle demande a été introduite dans l'Etat membre requérant alors qu'une demande antérieure est en cours d'examen dans un autre Etat membre. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles 23 et 25 du règlement (UE) n°604/2013 du règlement du 26 juin 2013 ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 susvisé : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants ".

14. M. B se borne à faire valoir la présence de son oncle en France au soutien du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet des Hauts-de-Seine au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en s'abstenant de faire usage de la clause discrétionnaire mise en œuvre par l'article 17 du règlement (UE) 604/2013 susvisé. Ce faisant, il n'allègue, ni a fortiori, n'établit, qu'il serait exposé, en cas de transfert vers l'Espagne, à des traitements prohibés par les stipulations de la convention précitée. Quoi qu'il en soit, la circonstance qu'il invoque, tirée de la présence en France de son oncle, ne compte pas au nombre de celles susceptibles de justifier que le préfet dérogeât aux règles de transfert, dès lors que le règlement du 26 juin 2013, qui a pour objet de garantir aux ressortissants étrangers un examen circonstancié de leur demande d'asile, ne leur permet toutefois pas de choisir, parmi les États membres, celui qui sera responsable de cet examen, au regard d'éléments relatifs à leur parcours ou leur situation personnels. Par ailleurs, le requérant n'apporte aucun élément susceptible de laisser penser que sa demande ne pourrait être traitée par les autorités espagnoles dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que l'Espagne est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles relatives aux frais de procédure.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me de Seze et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Charlery La greffière,

Signé

Z. Bouayyadi

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.