Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407757
lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407757 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2024, M. B C A, représenté par Me Fozing, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer d'un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de décision favorable, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant sénégalais né le 15 juillet 2002 à Chatenay-Malabry en France, est entré en France, le 29 août 2020, selon ses déclarations. L'intéressé s'est vu délivrer une attestation de décision favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, prise le 13 janvier 2022, à la suite de sa demande d'admission au séjour, qui mentionne la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant-élève " valable du 13 janvier 2022 au 12 janvier 2023. Par plusieurs courriels adressés à la préfecture des Hauts-de-Seine, dès le 1er août 2023, le défenseur du requérant a notamment précisé à celle-ci que son client ne pouvait effectuer le renouvellement de son titre de séjour, ce dernier n'ayant pas encore été récupéré, et demande la démarche à suivre. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de décision favorable.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article
L. 522-1 ".
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'exécuter la mesure qu'il sollicite, M. A fait valoir qu'il se trouve placé en situation irrégulière depuis le 13 janvier 2023 et insiste sur la circonstance qu'il est étudiant inscrit à " IPAC Bachelor Factory ", en première année de bachelor management et gestion d'entreprise, et doit effectuer obligatoirement un stage au titre du cycle scolaire 2023-2024. Toutefois, d'une part, les conclusions de M. A tendant, à titre principal, à la délivrance une attestation de décision favorable sont irrecevables devant le juge statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, lequel ne pouvant prendre que des mesures présentant un caractère provisoire. D'autre part, et pour très regrettable que soit cette situation, en l'état de l'instruction, malgré la production d'une attestation " EY FFA Juridique et Fiscal ", qui date déjà du 25 avril 2024, attestant d'un accord pour prendre le requérant en stage du 3 juin 2024 au 29 août 2024, et d'une réponse favorable à une demande de stage auprès de " Stealth Consulting ", qui date déjà du 22 mai 2024 " pour un démarrage le 1er juin 2024 au service comptabilité ", et malgré ses diligences réalisées auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine dès le 1er août 2023, M. A ne justifie pas d'une situation d'extrême urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article
L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 3 juin 2024.
Le juge des référés
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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