Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408294
lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, le directeur général du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Versailles demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de Mme B A du logement situé au sein de la résidence universitaire 8 allée de l'université à Nanterre qu'elle occupe illégalement et de tout occupant de son chef ;
2°) d'ordonner à Mme B A de quitter le logement qu'elle occupe, dans le délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de restituer les clefs du logement, de la boite aux lettres et son badge d'accès, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de Mme B A la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la juridiction administrative est compétente ;
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le maintien irrégulier de Mme A dans le logement qu'elle occupe porte atteinte au bon fonctionnement du service public, l'empêchant d'y loger un autre étudiant ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que Mme A a été destinataire d'une décision portant abrogation de son droit d'occupation en date du 20 décembre 2022 et d'une décision de non renouvellement de son droit d'occupation pour l'année universitaire 2023/2024 en date du 17 mai 2023, qu'elle occupe son logement sans titre depuis le 1er septembre 2023 et qu'elle a été destinataire d'une mise en demeure de le quitter de la directrice générale du CROUS de Versailles datée du 12 octobre 2023.
La requête a été communiquée à Mme A, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 24 juin 2024 à 10 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;
- les observations de la représentante de l'académie du CROUS de l'académie de Versailles.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A occupe depuis le5 novembre 2021, au sein de la résidence universitaire de Nanterre, le logement 1377 du Bâtiment F situé 8 allée de l'Université, à Nanterre (92000). Par une décision du 20 décembre 2022, la directrice générale du CROUS de l'académie de Versailles a prononcé l'abrogation de son droit d'occupation au motif qu'elle n'avait pas renouvelé l'ensemble des pièces justificatives, et présentait un défaut de paiement renouvelé des redevances. Le 27 janvier 2023, Mme B A a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision, lequel a été accueilli favorablement par la directrice générale du CROUS de l'académie de Versailles. L'intéressée ayant communiqué au CROUS de Versailles un acte de caution d'une personne physique et ayant respecté la première échéance d'un échéancier établi avec le service du recouvrement, elle a bénéficié d'une réadmission en résidence universitaire par une décision en date du 16 mai 2023, et ce jusqu'au 31 août 2023. Toutefois, Mme B A a fait l'objet d'une décision de non renouvellement de son droit d'occupation pour l'année universitaire 2023/2024 en date du 17 mai 2023, au motif qu'elle n'était pas à jour du paiement de ses indemnités et qu'elle était en dettes d'une somme s'élevant à 760,31 euros. Le 20 mai 2023, Mme B A a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision, lequel a fait l'objet d'un avis défavorable de la commission de recours en date du 28 juin 2023, compte tenu des irrégularités de paiement sur l'année en cours de l'intéressée. La Directrice générale a suivi l'avis de la commission et a rejeté le recours de l'intéressée pout les motifs susmentionnés le 12 juillet 2023. Le 12 octobre 2023, l'intéressée a été mis en demeure de quitter les lieux dans le délai de quinze jours. Elle s'y maintient toutefois depuis cette date sans justifier d'aucun titre l'habilitant à occuper ledit logement et est détentrice d'une dette s'élevant à 1 464 euros au 31 janvier 2024. Par la présente requête, le CROUS de Versailles demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de Mme A du logement occupé sans droit ni titre.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article 2 du règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS de l'académie de Versailles : " - occupant sans droit ni titre-. L'occupant qui ne dispose pas d'une décision expresse d'admission ou de réadmission ou qui perd son droit d'occupation en cours d'année devient occupant sans droit ni titre. Son maintien dans les lieux entraîne la mise en œuvre d'une procédure d'expulsion () ". D'autre part, aux termes de l'article 20-1 de ce règlement : " - En cas de non renouvellement ou non réadmission au terme de l'occupation initiale - () En cas de maintien dans les lieux au-delà de l'échéance de la décision initiale, une mise en demeure de quitter les lieux lui sera notifiée. Il dispose d'un délai de quinze jours à compter de la notification pour quitter les lies lieux () A défaut le CROUS saisit le juge des référés du tribunal administratif compétent territorialement d'une requête aux fins d'expulsion ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme A s'est maintenue dans le logement qu'elle occupe malgré la décision portant abrogation de son droit d'occupation du 20 décembre 2022 dès lors qu'elle n'avait pas renouvelé l'ensemble des pièces justificatives, et présentait un défaut de paiement renouvelé des redevances, et malgré la décision de non renouvellement de son droit d'occupation pour l'année universitaire 2023/2024 en date du 17 mai 2023, dès lors qu'elle n'était pas à jour du paiement de ses loyers et qu'elle était en dettes d'une somme s'élevant à 760,31 euros. Elle est, par conséquent, en application des dispositions précitées, occupant sans droit ni titre de ce logement. Par ailleurs, Mme A se maintient dans ce logement malgré la mise en demeure de quitter les lieux qui lui a été adressée le 12 octobre 2023. Ainsi, la demande de la directrice générale du CROUS de l'académie de Versailles ne se heurte à aucune contestation sérieuse. L'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée sont caractérisées par la nécessité d'assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le CROUS de l'académie de Versailles, qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour y loger un autre étudiant. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à Mme A de libérer le logement qu'elle occupe indûment, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et, à défaut, d'autoriser le directeur général du CROUS de l'académie de Versailles à procéder à son expulsion. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme A de libérer le logement qu'elle occupe sans droit ni titre, au sein de la résidence universitaire située à Nanterre, dans le délai de 8 jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A défaut pour lui de déférer à cette injonction, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de l'académie de Versailles pourra faire procéder à son expulsion des lieux.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête du centre régional des œuvres universitaires et scolaires de l'académie de Versailles est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Versailles et à Mme B A.
Fait à Cergy, le 24 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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