Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408458
mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408458 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2024 M. B C, représenté par Me Papinot, demande au tribunal :
1°)d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le recevoir en rendez-vous dans le délai d'une semaine afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour ;
2°) A titre subsidiaire, de surseoir à statuer et de saisir le Conseil d'Etat de la question suivante : " à partir de quel délai à compter de la demande de convocation, y a-t-il rupture de la continuité et de la mutabilité du service public pour un étranger qui souhaite soumettre une demande de titre de séjour et qui ne parvient pas à obtenir de convocation " ;
3°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à lui verser sur le fondement de l'article L 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la mesure sollicitée est nécessaire à la protection de ses droits, que l'absence de rendez-vous le maintient dans une situation précaire et irrégulière, qu'il a sollicité un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour le 30 janvier 2024, qu'il justifie d'une insertion professionnelle en France et que son enfant mineur y est scolarisé ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle lui permettra d'obtenir son titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Baude, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
1. M. B C, ressortissant colombien, né le 14 mai 1987 à Quimbaya, Colombie, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui donner un rendez-vous en préfecture en vue de déposer sa demande d'admission au séjour et de lui en délivrer récépissé.
2.Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3.Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4.En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
5. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai de la mesure d'injonction qu'il demande, M. B C soutient qu'il réside en France depuis 2019, qu'il a demandé la délivrance d'un titre de séjour le 30 janvier 2024, qu'il travaille de manière informelle dans le secteur du bâtiment, qu'il dispose d'une promesse d'embauche, que son épouse, de nationalité colombienne, réside et travaille en France, et que son fils mineur de âgé de 12 ans est scolarisé depuis 6 ans sur le territoire national. De telles circonstances, alors que la réalité de l'insertion professionnelle du requérant n'est pas établie et qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'impossibilité de déposer une demande de titre de séjour compromettrait la scolarité de son fils, ne sont toutefois pas susceptibles de caractériser à elles seules la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de surseoir à statuer en vue de recueillir l'avis du Conseil d'Etat sur une question de droit étrangère à la condition d'urgence de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il y a lieu de rejeter la requête, et par voie de conséquence les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : la requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Cergy le 26 juin 2024,
Le juge des référés
signé
F.-E. BAUDE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24084582
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