Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408938

vendredi 21 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2408938
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, la société en nom collectif (SNC) NOSTRA FAMIGLIA, représentée par Me Nauche, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n° 2024-830 du préfet du Val-d'Oise du 17 juin 2024 portant fermeture administrative temporaire de l'établissement de la Société NOSTRA FAMIGLIA, enseigne " LE CYRANO ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code du travail ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article

L. 522-1. ".

2. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

3. Si, à l'appui de sa demande, la société en nom collectif NOSTRA FAMIGLIA, dont l'enseigne est " LE CYRANO ", fait valoir qu'elle n'a aucun lien avec les troubles qui seraient survenus, le 12 novembre 2023, et qui sont allégués dans l'arrêté contesté, qu'elle a présenté des observations, le 13 juin 2024, que la décision rendue porte atteinte à la liberté d'entreprendre et à la liberté du commerce et d'industrie et entraîne un blocage économique total, et que cette sanction est à la fois injustifiée et excessive, toutefois, la mesure contestée a été prise, le 17 juin 2024, pour une durée d'un mois et la société requérante ne fait valoir aucune difficulté financière. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, elle ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société en nom collectif NOSTRA FAMIGLIA doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il y ait lieu d'examiner la condition d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société en nom collectif NOSTRA FAMIGLIA est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société en nom collectif NOSTRA FAMIGLIA.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 21 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.