Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409174

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409174
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET OBADIA - STASI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, fonctionnaire territoriale, qui demandait la suspension de l’arrêté du maire de Boulogne-Billancourt la plaçant d’office en congé de longue maladie du 27 novembre 2023 au 26 novembre 2024. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés (procédure irrégulière, méconnaissance de l’article 41 de la loi du 9 janvier 1986, erreur manifeste d’appréciation) n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition d’urgence. La demande d’injonction et les conclusions au titre des frais de justice ont été rejetées, de même que la demande reconventionnelle de la commune.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, Mme A, représentée par Me Monget-Sarrail, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le maire de la commune de Boulogne-Billancourt l'a placée en congé de longue maladie d'office pour la période du 27 novembre 2023 au 26 novembre 2024 inclus ;

2°) d'enjoindre au maire de Boulogne-Billancourt de procéder à sa réintégration immédiate ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts en ce qu'elle ne peut plus aller travailler et portant atteinte à ses conditions d'existence ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière et déloyale ;

- il méconnait les dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le maire de la commune de Boulogne-Billancourt, représenté par Me Stasi, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le requête n°2409062 enregistrée le 14 juin 2024, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 15 juillet 2024 à 10 heures 00.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;

- les observations de Me Monget-Sarrail, représentant Mme A, requérante, présente, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en précisant ses écritures

- et les observations de Me Bokobsa, substituant Me Stasi, représentant la commune de Boulogne-Billancourt, qui confirme ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née le 30 novembre 1968, est fonctionnaire territoriale. Le 1er septembre 2020, elle a été affectée en qualité d'éducateur de jeunes enfants de 1ère classe, au pôle petite enfance et solidarités, au service de la petite enfance au relais assistante maternelle à la commune de Boulogne-Billancourt. En septembre 2020, son recrutement a été approuvé par la caisse d'allocations familiales au poste de Relais petite enfance Dassault. Du 27 novembre 2023 au 22 janvier 2024, Mme A a été placée en arrêt de travail. Le 13 février 2024, un arrêté a été pris à son encontre la plaçant en congé de maladie ordinaire d'office " à titre conservatoire ". Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le maire de Boulogne-Billancourt l'a placée en congé de longue maladie d'office à compter du 27 novembre 2023 jusqu'au 26 novembre 2024 inclus.

2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par Mme A, tels qu'ils ont été analysés ci-dessus, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le maire de la commune de Boulogne-Billancourt l'a placée en congé de longue maladie d'office pour la période du 27 novembre 2023 au 26 novembre 2024 inclus. Par suite, les conclusions de Mme A à la suspension de l'exécution de cette décision, y compris celles aux fins d'injonction, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

3. Il n'y a pas lieu, par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Boulogne-Billancourt au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Boulogne-Billancourt au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au maire de la commune de Boulogne-Billancourt.

Fait à Cergy, le 30 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.