Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409181

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409181
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A, ressortissant malien, d'une demande d'injonction visant à obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. En cours d'instance, le préfet du Val-d'Oise a délivré à l'intéressé un récépissé valable du 8 juillet au 7 octobre 2024. Par conséquent, le juge des référés a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 24 et 25 juin 2024,

M. B A demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L.521-3 du code de la justice administrative d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Il soutient que l'urgence est remplie, dès lors que suite à l'expiration de son récépissé le 7 mai 2024, son contrat de travail a été suspendu le 10 juin 2024 et il se trouve exposé à un risque de licenciement en l'absence de document justifiant de la régularité de son séjour, et que la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a contacté la préfecture de nombreuses reprises afin d'obtenir le renouvellement de son récépissé, sans qu'aucun nouveau récépissé ne lui soit adressé.

Le préfet du Val-d'Oise a produit une pièce, enregistrée le 19 juillet 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n°2303981 rendue le 12 avril 2023 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 19 juillet 2024 à 10 heures 00.

A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Phu, greffière d'audience, le rapport de M. Poyet, juge des référés, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien né le 21 mai 1995, est entré en France dans le cadre de la poursuite de ses études universitaires et a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 11 mars 2020 au 10 mars 2022. Après l'obtention de son diplôme et la signature d'un contrat de travail, il a sollicité un titre de séjour portant la mention " salarié ". Son dossier ayant fait l'objet d'un blocage, il a saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'un référé mesures utiles et par une ordonnance n° 2303981 rendue le 12 avril 2023, le juge des référés a enjoint au préfet du Val-d'Oise de le convoquer pour un rendez-vous afin que lui soit remis un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Il a, par la suite, été mis en possession de plusieurs récépissés, le dernier ayant expiré le 7 mai 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de dix jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de l'instance, le préfet du Val-d'Oise a délivré à M. A, le 8 juillet 2024, un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, valable du 8 juillet 2024 au 7 octobre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par l'intéressé.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. A.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressé au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 30 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.