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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2409249

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2409249

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2409249
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLE GALL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, M. A... B..., représenté par Me Le Gall, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 20 novembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire, son refus de lui verser le revenu de solidarité active (RSA) ;

2°) d’enjoindre au département des Hauts-de-Seine de lui verser le RSA à compter du 3 octobre 2023 et de calculer le montant de ses droits au RSA dans le délai d’un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine au bénéfice de son conseil la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :
- la décision du 22 avril 2024 par laquelle le président du bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (…), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».
D’une part, aux termes de l’article L. 262-2 du code de l’action sociale et des familles : « Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (….) ». Par ailleurs aux termes de l’article R. 262-5 du même code : « Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. (…) En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ».
D’autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne au bénéfice d’une allocation, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
En premier lieu, dès lors que la décision attaquée ne remet pas en cause des versements déjà effectués, il appartient au tribunal de se prononcer directement sur les droits de M. B... au RSA sans avoir à se prononcer sur les vices propres de l’acte attaqué invoqués par le requérant. Par suite, les moyens tirés de l’incompétence de l’auteur de la décision, du défaut de contradictoire avant l’édiction de la décision litigieuse et de l’irrégularité de la procédure de contrôle menée par la CAF, qui concernent d’éventuelles vices propres de la décision attaquée, sont dépourvus d’influence sur les droits réels du demandeur de l’allocation qui sont déterminés par le juge dans le cadre du recours contentieux. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
En second lieu, il résulte des termes de la décision attaquée que le département des Hauts-de-Seine a refusé à M. B... le bénéfice du RSA au motif qu’il ne remplissait pas la condition de permanence du séjour en France, prévue par les dispositions citées au point 2. Pour contester ce motif, M. B... se borne à « affirmer » résider en France et à soutenir qu’il appartiendrait à la CAF de démontrer qu’il ne réside pas en France, sans toutefois apporter aucune précision, ni produire aucune pièce permettant au tribunal d’apprécier la réalité de son séjour en France sur les douze mois précédant la décision litigieuse du 20 novembre 2023. En outre, il n’a joint à sa requête que la décision du 3 octobre 2023 ayant initialement refusé de lui verser le RSA, son recours préalable obligatoire, dans lequel il confirme effectuer de nombreux séjours à l’étranger dans le cadre d’un projet professionnel, et la décision attaquée. Dès lors, M. B... n’assortit son moyen tiré de l’erreur de fait et d’appréciation que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien et se prévaut d’un moyen manifestement non assorti des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions d’annulation de M. B... ne peuvent qu’être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence ses conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais liés au litige.


Par ces motifs, le tribunal ordonne :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à Me Le Gall.

Copie sera adressée à la caisse d’allocations familiales des Hauts-de-Seine et au département des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 11 septembre 2024.

La magistrate désignée,




M. Monteagle

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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