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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2411698

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411698

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411698
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu :

- la décision du 3 juin 2024 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a refusé d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit, de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

3. En premier lieu, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. En application de ce principe, l'ensemble des moyens de légalité externe soulevés par Mme B relatifs à d'éventuels vices de compétence, vices de forme ou vices de procédure, qui sont tous des vices propres de la décision attaquée, ne peuvent être utilement soulevés. Dès lors le moyen tiré de la nullité de la notification de l'indu, de l'absence de preuve de l'assermentation de l'agent de contrôle, de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de la méconnaissance du droit d'information sur le droit de communication prévu par l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale, du défaut de saisine de la commission de recours amiable, de la méconnaissance du caractère suspensif du recours et de la méconnaissance des droits de la défense sont inopérants.

5. En second lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le département du Val-d'Oise a refusé à Mme B une remise de sa dette au motif qu'elle ne pouvait être regardée comme étant de bonne foi, dès lors qu'elle n'a pas déclaré pendant près de trois années ses séjours prolongés hors de France en toute connaissance de cause.

6. Pour contester ce motif, Mme B se borne d'une part à affirmer que ses séjours à l'étranger, où elle indique qu'elle allait rejoindre son compagnon, avaient un caractère " temporaire " et à mettre en cause la CAF au motif que cette dernière ne l'aurait pas informée de son obligation de déclarer ses séjours à l'étranger Elle n'apporte toutefois aucune précision, ni ne produit aucune pièce sur ces séjours de nature à contredire les éléments de fait contenus dans la décision attaquée. Ce faisant, Mme B n'apporte manifestement pas les précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé de son moyen.

7. D'autre part, Mme B soutient être dans une situation de précarité qui fait obstacle à ce qu'elle puisse rembourser sa dette, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de la décision attaquée dès lors que l'absence de bonne foi suffit à faire obstacle à l'octroi de toute remise gracieuse. En tout état de cause, elle n'apporte manifestement aucune précision, ni n'a produit aucune pièce sur ses ressources et ses charges à l'appui de son moyen.

8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation, tant sur la condition de bonne foi que sur la condition de précarité, n'est manifestement pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de Mme B doivent être rejetée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions relatives aux frais liés au litige.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département du Val-d'Oise.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 6 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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