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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2413529

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2413529

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2413529
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 septembre 2024 et le 9 octobre 2024, l'association Environnement 92, M. B A et M. C D, représentés par Me Heddi, demandent à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le maire de la commune de Montrouge a accordé le permis de construire n° PC 092 049 23 00001 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Montrouge et à ses sous-traitants de suspendre sans délai les travaux en cours exécutés en application du permis de construire du 6 août 2024 et toute mesures utiles résultant de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montrouge la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable, dès lors qu'ils justifient d'un intérêt à agir en qualité d'association et de voisins immédiats du projet autorisé ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que, d'une part, il existe une présomption d'urgence en matière de permis de construire et, d'autre part, le commencement des travaux est fixé au troisième trimestre de l'année 2024, la commune de Montrouge ne faisant de son côté valoir aucune circonstance particulière de nature à écarter la présomption d'urgence ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

* il est entaché d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

* le dossier de demande du permis de construire est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-9 et R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

* il méconnaît les articles U1.2 et U1.4 du règlement du plan local d'urbanisme, relatifs à l'épaisseur constructible ;

* il méconnaît l'article U3.2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la voie d'accès au terrain par les véhicules automobiles ne permet pas d'assurer la sécurité de la circulation des automobilistes et des piétons en l'absence d'aire de retournement ;

* il méconnaît l'article U4.2 du règlement du plan local d'urbanisme à défaut de pouvoir justifier du raccordement effectif du projet au réseau public d'assainissement ;

* il méconnaît l'article U8.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions;

* il méconnaît l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme au regard de l'absence de conformité aux normes de stationnement.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2024, la commune de Montrouge, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants, solidairement, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt à agir ;

- aucun des moyens soulevés susceptible de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- la requête n°2413983, enregistrée le 19 septembre 2024, par laquelle l'association Environnement 92, M. A et M. D demandent l'annulation de l'arrêté contesté.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 9 octobre 2024 à

14 heures 30.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :

- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;

- les observations de Me Heddi, représentant l'association Environnement 92, M. A et M. D qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Bieder, substituant Me Lonqueue, représentant la commune de Montrouge, qui conclut aux mêmes fins, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 6 août 2024, le maire de la commune de Montrouge a délivré un permis de construire à la Ville pour la " construction d'un local commercial livré brut (" coque vide ") avec démolition partielle et changement de destination de surface artisanale en commerce sur un terrain situé 14 rue Sadi Carnot à Montrouge ". Par la présente requête, l'association Environnement 92, M. A et M. D demandent à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 août 2024.

Sur les conclusions à fin de suspension de l'arrêté attaqué :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par les requérants à l'appui de leur demande de suspension tels qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la commune de Montrouge et sur la condition d'urgence, les conclusions présentées par l'association Environnement 92, M. A et M. D à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de leur requête à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montrouge, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'association Environnement 92, M. A et M. D demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre globalement à la charge de l'association Environnement 92, M. A et M. D, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Montrouge et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association Environnement 92, M. A et M. D est rejetée.

Article 2 : L'association Environnement 92, M. A et M. D verseront globalement à la commune de Montrouge une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Environnement 92, à M. B A, M. C D et à la commune de Montrouge.

Fait à Cergy, le 11 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

A. Richard

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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