mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2414270 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département du Val-d'Oise a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 9 mars 2024 contre la décision du 27 février 2024 de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise, qu'il était redevable d'un indu de 2 832,15 euros de revenu de solidarité active (RSA) ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise gracieuse de sa dette ;
4°) de mettre à la charge de l'État au bénéfice de son conseil la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- la décision du 9 septembre 2024 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : ()/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () / 7°Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'indu de RSA :
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée () ".
3. D'une part, M. B soutient que la décision du 27 février 2024 de la CAF, à l'encontre de laquelle il a formé un recours préalable le 9 mars 2024, met à sa charge un indu de RSA. Toutefois, il ressort des termes du courrier du 27 février 2024 intitulé " Anomalies constatées dans votre dossier " que ce dernier a seulement pour objet de porter à la connaissance du requérant que la CAF enquête sur la possibilité que l'indu de 2 832,15 euros mis à sa charge résulte d'une fraude de sa part et l'invite à formuler des observations sur le motif pour lequel il s'est abstenu de déclarer certaines ressources à la CAF.
4. D'autre part et à supposer que le courrier du 27 février 2024 soit regardée comme ayant révélé à M. B l'existence d'un indu dont il n'avait préalablement pas connaissance, il ressort des termes mêmes du courrier du 9 mars 2024 que le requérant a entendu par ce courrier présenter ses observations en réponse, comme la CAF l'y invitait, sans au demeurant contester aucunement le bien-fondé de l'indu de RSA mais se bornant à solliciter une remise gracieuse de sa dette. Compte tenu des termes dans lesquels il est rédigé, le courrier du 9 mars 2024 de M. B ne saurait donc être regardé comme le recours préalable prévu par les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles.
5. Enfin, le tribunal a invité M. B à régulariser sa requête en produisant le recours préalable qu'il aurait formé en vue de contester l'indu de RSA, par un courrier dont ce dernier a accusé lecture sur l'application " Télérecours " le 14 novembre 2024. Aucune suite n'a été donnée à cette demande.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation formées contre l'indu de RSA sont entachées d'une irrecevabilité manifeste et doivent en conséquence être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de même que les conclusions à fin de décharge.
Sur les conclusions à fin de remise gracieuse :
7. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
9. Pour contester le refus implicite opposé à sa demande du 9 mars 2024 que la dette de RSA de 2 832,15 euros lui soit gracieusement remise, M. B, qui est assisté d'un avocat, se borne à faire valoir qu'il est de bonne foi et qu'il est dans une situation de précarité. Il n'apporte toutefois aucune précision sur l'état de ses ressources et de ses charges, ni n'apporte aucune pièce sur sa situation financière. Dès lors M. B n'assortit ses conclusions à fin de remise gracieuse que de moyens qui ne sont manifestement pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur les frais liés au litige :
10. La présente ordonnance rejetant l'ensemble des conclusions présentées par M. B, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront, par voie de conséquence, qu'être rejetées en application du 5° des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Desfarges.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise et au département du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 17 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. Monteagle
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026