mercredi 13 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2415020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 et 25 octobre 2024 et le 12 novembre 2024, l'association Patiner à Boulogne, représentée par Me Colombet, demande en dernier lieu à la juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Boulogne-Billancourt de communiquer le rapport d'audit INDIGGO précédant le 6 juin 2024 ;
2°) de suspendre l'exécution des délibérations n°5 et n°6 du conseil municipal du 6 juin 2024 de la commune de Boulogne-Billancourt et de la décision du 24 septembre 2024 par laquelle le maire de la commune a rejeté son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Boulogne-Billancourt de lancer les démarches permettant la réouverture de la patinoire municipale dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt la somme de 5000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de rejeter les conclusions présentées par la commune de Boulogne-Billancourt au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que les délibérations contestées préjudicient de manière grave et immédiate à sa situation ainsi qu'aux intérêts qu'elle entend défendre ; qu'en outre, elles portent gravement atteinte à l'intérêt général et aux usagers de la patinoire municipale dès lors que la commune de Boulogne-Billancourt envisage la fermeture définitive de la patinoire alors qu'elle est en mesure d'accueillir les équipes nationales de hockey sur glace à l'occasion du championnat du monde de hockey sur glace de 2028 ainsi que les jeux olympiques d'hiver de 2030, que tous les usagers n'ont pas retrouvé d'autre place dans une patinoire plus lointaine et que les coachs salariés de la section ACBB hockey sur glace n'ont pas retrouvé de place ; qu'au surplus, les délibérations contestées sont en contradiction avec les principes de la commande publique ; que la commune de Boulogne-Billancourt ne peut invoquer aucune urgence à fermer la patinoire municipale dès lors que le système de froid en cause est encore fonctionnel et que la commune s'était engagée à réaliser les travaux nécessaires ;
- les moyens suivants sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées :
* le rapport d'audit sur la base duquel les décisions contestées ont été prises n'existait pas à cette date ;
* les délibérations méconnaissent l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'elles sont entachées d'un défaut d'information préalable des membres du conseil municipal ;
* la délibération n° 6 méconnaît l'article L. 1411-4 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la consultation de la commission consultative des services publics locaux ;
* la délibération n° 6 méconnaît les articles L. 3135-1, L. 3135-2, R. 3135-7 et R. 3135-8 du code de la commande publique dès lors que la délégation de service public a été prolongée pour une durée de six mois sans nouvelle procédure de mise en concurrence ;
* la délibération n° 5 est entachée d'erreur de fait s'agissant des causes réelles de certains dysfonctionnements imputables non pas au réchauffement climatique mais à l'absence de réalisation des travaux de rénovation pourtant décidés par la commune dans sa délibération n° 12 du 30 mars 2023 ;
* les délibérations n° 5 et 6 et la décision de rejet du recours gracieux sont entachées d'erreurs manifestes d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2024, la commune de Boulogne-Billancourt, représentée par Me Gauch, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'association Patiner à Boulogne de la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur la demande tendant à enjoindre à la commune de Boulogne-Billancourt de produire le rapport de la société INDIGGO dès lors qu'il est versé aux débats ;
- la requête est irrecevable dès lors que les délibérations attaquées ont été entièrement exécutées ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- la requête n° 2415587 enregistrée le 17 octobre 2024 par laquelle l'association requérante demande l'annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties de la tenue de l'audience publique du 12 novembre 2024 à 15 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Richard, juge des référés,
- les observations de Me Colombet, pour l'association Patiner à Boulogne, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens,
- et les observations de Me Millard, substituant Me Gauch, pour la commune de Boulogne-Billancourt.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 5 du 6 juin 2024, le conseil municipal de la commune de Boulogne-Billancourt a déclaré sans suite, pour motif d'intérêt général en raison de l'évolution des besoins de la ville concernant la gestion de la patinoire, la procédure d'attribution d'un contrat de délégation de service public pour l'exploitation de la piscine et de la patinoire municipales autorisée par délibération n° 20 du 1er décembre 2022, a approuvé le principe de la délégation de service public pour la seule piscine municipale et a autorisé le maire à engager une réflexion sur le devenir sportif de l'équipement abritant la patinoire municipale. Par une délibération n° 6 du même jour, le conseil municipal a approuvé la prolongation du contrat de délégation de service public signé avec la société Récréa pour l'exploitation et la gestion de la piscine et de la patinoire municipales pour une durée de 6 mois, ayant pour effet de reporter le terme initial du 31 juillet 2024 au 31 décembre 2024 et fixé la date d'ouverture de la patinoire au 1er octobre 2024 sous réserve d'un ordre de service de confirmation de la Ville au délégataire, pris en fonction de l'état d'avancement des réflexions sur l'élaboration d'une solution de gestion pérenne du bâtiment de la patinoire autrement que par une délégation de service public. L'association requérante a introduit un recours gracieux le 2 août 2024 contre ces délibérations. Par une décision du 24 septembre 2024, la commune de Boulogne-Billancourt a rejeté ce recours. Par la présente requête, l'association Patiner à Boulogne demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution des délibérations du 6 juin 2024, ensemble la décision en date du 24 septembre 2024 prononçant le rejet de son recours gracieux du 2 août 2024.
Sur les conclusions à fin de suspension des décisions attaquées :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution des décisions litigieuses en tant qu'elles n'ont pas permis la réouverture de la patinoire de Boulogne-Billancourt, l'association Patiner à Boulogne fait valoir qu'elles portent gravement atteinte à l'intérêt général et aux usagers de la patinoire municipale dès lors qu'elle est en mesure d'accueillir les équipes nationales de hockey sur glace à l'occasion du championnat du monde de 2028 ainsi que les jeux olympiques d'hiver de 2030, que tous les usagers n'ont pas retrouvé une autre place dans une patinoire plus lointaine et que les entraîneurs salariés de la section ACBB hockey sur glace n'ont pas retrouvé de place pour exercer leur activité. Les circonstances ainsi invoquées ne sont toutefois pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets des décisions attaquées dès lors qu'il résulte de l'instruction que la patinoire est fermée depuis le mois de mai 2024 et que son fonctionnement est subordonné à la réalisation de travaux alors qu'elle ne fait pas partie des services qui relèvent des compétences obligatoires exercées par la commune de Boulogne-Billancourt et qu'elle induit une importante charge énergétique et financière pour la commune. Dans ces circonstances, eu égard aux contraintes financières et matérielles liées à la remise en fonctionnement de la patinoire et à son fonctionnement même, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier globalement, exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de non-lieu et la fin de non-recevoir opposées en défense, que la requête présentée par l'association Patiner à Boulogne doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association Patiner à Boulogne une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Boulogne-Billancourt au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Patiner à Boulogne est rejetée.
Article 2 : L'association Patiner à Boulogne versera à la commune de Boulogne-Billancourt une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Patiner à Boulogne et à la commune de Boulogne-Billancourt.
Fait à Cergy, le 13 novembre 2024.
Le juge des référés
signé
A. Richard
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026