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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2417841

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2417841

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2417841
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2024, Mme A C, représentée par Me Popesco, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° PC 92040 24 0003 du 3 mai 2024 par lequel le maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux a accordé à M. B Baron un permis de construire pour la démolition et la construction d'une maison ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son intérêt à agir est fondé, dès lors qu'elle est propriétaire d'un bien immobilier sur la parcelle voisine et distante de quelques mètres du projet contesté, pouvant affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de sa propriété ;

- la condition d'urgence est présumée remplie ; en outre, les travaux sont susceptibles de reprendre, risquant d'affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de la propriété de la requérante et le chantier présente un risque pour la sécurité et la salubrité publique ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que les avis rendus dans le cadre de l'instruction du permis de construire ont été délivrés avant que le dossier de demande de permis de construire ne soit complet ;

- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'absence d'avis conforme de l'architecture des bâtiments de France ;

- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'irrégularité du plan masse ;

- il est entaché d'une irrégularité du projet architectural ;

- il méconnaît l'article UE 3 du plan local d'urbanisme de la commune d'Issy-les-Moulineaux dès lors que la largeur des voies d'accès est insuffisante ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme relatif à la sécurité et à la salubrité publique au regard de la largeur insuffisante des voies d'accès pour les véhicules de secours ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UE 7 du plan local d'urbanisme, en méconnaissance des règles d'implantation ;

- il ne respecte pas les prescriptions architecturales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2024, la commune d'Issy-les-Moulineaux, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence à suspendre la décision attaquée n'est pas établie ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à démontrer l'existence d'un doute sérieux concernant la légalité de la décision attaquée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2024, M. B Baron, représenté par Me Lathoud, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de

Mme C la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence à suspendre la décision attaquée n'est pas établie ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à démontrer l'existence d'un doute sérieux concernant la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- la requête n°2414079, enregistrée le 20 septembre 2024, par laquelle Mme C demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 19 décembre 2024 à

11 heures 30.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :

- le rapport de Mme Richard, juge des référés ;

- les observations de Me Pariset, substituant Me Popesco, représentant Mme C ;

- les observations de Me Santangelo, substituant Me Rivoire, pour la commune d'Issy-les-Moulineaux ;

- et les observations de Me Lathoud pour M. Baron.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC 92040 24 0003 en date du 3 mai 2024, le maire de la commune d'Issy-les-Moulineaux a délivré un permis de construire pour la démolition totale de la maison existante et la reconstruction d'une maison individuelle, sur un terrain sis, 1 sentier de la Montery à Issy-les-Moulineaux. Par la présente requête, Mme C demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin de suspension de l'arrêté attaqué :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués, tels qu'énoncés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions présentées par Mme C à fin de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Issy-les-Moulineaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune d'Issy-les-Moulineaux et non compris dans les dépens, et une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. Baron et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Mme C versera à la commune d'Issy-les-Moulineaux une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 1 000 euros à M. Baron en application des mêmes dispositions.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à la commune d'Issy-les-Moulineaux et à M. B Baron.

Fait à Cergy, le 23 décembre 2024.

La juge des référés,

Signé

A. Richard

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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