Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2500824

lundi 20 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2500824
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a fait droit à la demande du maire de Méry-sur-Oise fondée sur l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. Cette demande visait à désigner un expert pour examiner un immeuble et un chantier de rénovation présentant des désordres (fissures, murs de soutènement absents, risques de chutes de pierres, insalubrité) et un danger potentiel pour la sécurité des occupants et des tiers. Le juge a ordonné la désignation d'un expert avec pour mission de constater les désordres, d'évaluer le danger (imminent ou non) et de proposer des mesures de sécurité, le tout dans un délai de vingt-quatre heures.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, le maire de la commune de

Méry-sur-Oise demande au juge des référés de désigner un expert en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, aux fins d'examiner l'immeuble situé au 16 rue des Côtes à Méry-sur-Oise (95540), parcelles cadastrées A65, A66, A2923 et A3230, de déterminer s'il présente un danger imminent ou non et, dans ce cas, de définir les mesures de sécurité à prendre rapidement.

Il soutient que :

- l'avancement du chantier de rénovation d'un bâtiment existant et de construction de trois maisons individuelles et de démolition d'un porche et d'abris a permis de constater de nombreux désordres ;

- une fissure verticale est observée dans un mur ;

- les murs de soutènement n'ont pas été réalisés au droit de l'excavation ;

- il existe des risques de chutes de pierre soutenues par la végétation ;

- un amas de déchets rend les lieux insalubres ;

- le chantier est actuellement suspendu pour raisons financières ;

- une mesure d'expertise est utile en raison du risque pour la sécurité des occupants de la résidence et des tiers.

Vu les pièces jointes au dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, Mme C Grenier, première vice-présidente comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. / Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ".

2. Aux termes de l'article R. 556-1 du code de justice administrative : " Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1. ". Et selon l'article R. 531-1 du même code : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l'article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. / Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels. / Par dérogation aux dispositions des articles R. 832-2 et R. 832-3, le délai pour former tierce opposition est de quinze jours. ".

3. La mesure demandée par le maire de la commune de Méry-sur-Oise entre dans le champ d'application des dispositions citées ci-dessus. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d'un expert et de fixer la mission comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B A est désigné en qualité d'expert à l'effet de procéder, dans les vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance, aux opérations et constatations suivantes :

- se rendre sur les lieux et examiner l'état de danger des immeubles situés au 16 rue des Côtes à Méry-sur-Oise (95540), parcelles cadastrées A65, A66, A2923 et A3230 ;

- décrire les désordres observés et émettre un avis sur les risques qu'ils présentent pour la sécurité, y compris celle des occupants et des tiers ;

- proposer des mesures de nature à mettre fin au danger que présentent les bâtiments pour la sécurité des occupants ou des tiers ;

- dire si les bâtiments en cause présentent un danger imminent ou manifeste en motivant cette appréciation ;

- s'ils présentent un tel danger, dresser constat de leur état et de celui des immeubles mitoyens susceptibles d'être affectés et proposer les mesures provisoires indispensables pour mettre fin à l'imminence ou au caractère manifeste du danger.

Article 2 : Les opérations de constat auront lieu en présence d'un représentant de la commune de Méry-sur-Oise. L'expert recherchera autant que faire se peut la présence des propriétaires ou de leurs représentants.

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-9 du code de justice administrative, à l'exception des dispositions de l'article R. 621-7 relatives au délai et au mode de convocation des parties.

Article 4 : L'expert déposera son rapport par voie électronique, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 du code de justice administrative, dans les plus brefs délais. Des copies seront notifiées par l'expert au maire et aux propriétaires. Avec leur accord, cette remise pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 5 : Les frais et honoraires de l'expert seront mis à la charge de la personne ou des personnes désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal procédera à leur liquidation et taxation.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au maire de la commune de Méry-sur-Oise et à M. B A, expert.

Copie en sera faite au syndic de copropriété.

Fait à Cergy, le 20 janvier 2025.

La juge des référés

Signé

C. Grenier

La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.