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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2503845

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2503845

vendredi 6 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2503845
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantAZOULAY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui demandait la décharge de suppléments d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales pour les années 2004 à 2006. Le juge a constaté que la réclamation préalable du contribuable, déposée le 12 novembre 2024, était tardive au regard des délais prévus par les articles R. 196-1 et suivants du livre des procédures fiscales. Il a estimé que M. B avait eu connaissance des impositions litigieuses au plus tard en 2010, compte tenu de ses démarches pour obtenir un échéancier de paiement, et que le délai de réclamation, même prolongé d'un an, était expiré. La requête a été rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2025, M. A B, représenté par Me Azoulay, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2004 à 2006 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Selon les termes

de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, le contribuable qui désire contester tout ou partie d'une imposition doit d'abord adresser une réclamation au service territorial de l'administration fiscale dont dépend le lieu d'imposition. En vertu de l'article R. 196-1 du même livre, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année qui suit la mise en recouvrement du rôle ou la notification d'un avis de mise en recouvrement. L'article R. 196-2 du même livre précise que le délai de réclamation prend fin s'agissant des impôts locaux et des taxes annexes au plus tard le 31 décembre de l'année suivant l'année de la mise en recouvrement du rôle ou de la mise en recouvrement de l'imposition. En vertu de l'article R. 196-3 de ce livre, dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations.

3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'avis d'imposition ou l'avis de mise en recouvrement par lequel l'administration porte les impositions à la connaissance du contribuable doit mentionner l'existence et le caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que les délais de forclusion dans lesquels le contribuable doit présenter cette réclamation et, d'autre part, que le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie est de nature à faire obstacle à ce que les délais prévus par les articles R. 196-1 et R. 196-2 du livre des procédures fiscales lui soient opposables.

4. Toutefois le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable. Le recours administratif préalable doit être présenté dans le délai prévu par les articles R. 196-1, R. 196-2 ou R. 196-3 du livre des procédures fiscales, prolongé, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le contribuable, d'un an. Dans cette hypothèse, le délai de réclamation court à compter de l'année au cours de laquelle il est établi que le contribuable a eu connaissance de l'existence de l'imposition.

5. Si M. B soutient qu'il n'a pas reçu les avis afférents aux impositions contestées établies au titre des années 2004, 2005 et 2006 et mises en recouvrement les 31 aout et 31 octobre 2008, l'intéressé ne conteste pas, ainsi que relevé par le service dans sa décision du 30 janvier 2025, qu'il a, dès le 9 septembre 2010, demandé et obtenu l'établissement d'un échéancier pour la paiement d'une partie de sa dette fiscale. En outre, le 29 novembre 2010, M. B a adressé à la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France un courrier dans lequel il fait état de ses difficultés à payer les sommes en litige. Dans ces conditions, le délai de réclamation doit être regardé comme ayant commencé à courir au plus tard à compter de l'année 2010, au cours de laquelle le contribuable, compte tenu de ses démarches, a nécessairement eu connaissance des impositions en cause, de sorte que, même prolongé d'un an, ce délai avait clairement expiré le 12 novembre 2024, date à laquelle le requérant a déposé sa réclamation contentieuse. Par suite, ladite réclamation était tardive et la requête de M. B se trouve ainsi entachée d'une

irrecevabilité manifeste insusceptible d'être régularisée en cours d'instance. Il y a donc lieu de la rejeter sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à l'administrateur de l'Etat chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France.

Fait à Cergy-Pontoise, le 6 juin 2025.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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