Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505096

mardi 1 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505096
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet de titre de séjour formée par Mme A. La juge des référés a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne démontrant pas de risque concret d'exclusion de son établissement ou de rupture de son contrat d'alternance. Cette ordonnance fait suite à un précédent rejet pour défaut d'urgence intervenu le 12 février 2025.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2025, Mme B A, représentée par Me Essono, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation administrative, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'elle risque l'exclusion de son établissement et la rupture de son contrat d'alternance ce qui compromet la poursuite de son cursus et ses perspectives d'insertion ; en outre, elle se trouve dans une situation de précarité juridique ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, à savoir :

* elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

* elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

* elle méconnaît les dispositions de l'article L.423-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2501916, enregistrée le 5 février 2025, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bocquet, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée, la requérante se prévaut du risque d'exclusion de son établissement et de rupture de son contrat d'alternance, ce qui compromettrait son avenir académique et professionnel. Toutefois, il résulte de l'instruction que sa précédente requête présentée sur les mêmes fondements a déjà été rejetée par une ordonnance n°2502001 du 12 février 2025 pour défaut d'urgence et que, bien que le récépissé de la requérante soit expiré depuis, cette dernière ne démontre, eu égard aux pièces produites, pas d'urgence particulière, le risque d'exclusion de son établissement scolaire comme de la rupture de son contrat d'alternance n'étant pas démontrés. Dans ces conditions, Mme A ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède, qu'en l'absence d'urgence, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 1er avril 2025.

La juge des référés,

signé

P. Bocquet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2505096