Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505157

mercredi 9 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505157
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par une étudiante afin d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre sa carte de séjour "étudiant", en fabrication depuis novembre 2023. La juge des référés a constaté que l'administration avait convoqué l'intéressée pour la remise de son titre, rendant la demande sans objet. En conséquence, il n'a pas été statué sur les conclusions principales, mais l'État a été condamné à verser 800 euros à la requérante au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2025, Mme C A, représentée par Me Peketi, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer afin que lui soir remise sa carte de séjour portant la mention " étudiant " en cours de fabrication depuis le 27 novembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa carte de séjour portant la mention " étudiant " est en cours de fabrication depuis le 27 novembre 2023 ;

- ses tentatives pour récupérer son titre de séjour sont demeurées infructueuses ;

- elle est ainsi dans l'impossibilité de demander le renouvellement de sa carte de séjour dont la validité expirait le 22 février 2025 ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle risque de ne pas pouvoir poursuivre ses études en raison des dysfonctionnements de l'administration ;

- elle est utile pour lui permettre de récupérer son titre de séjour ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, dès lors que son titre de séjour est en cours de fabrication.

La procédure a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais des pièces, enregistrées le 31 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'objet du litige :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. Il résulte de l'instruction que Mme A est convoquée par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine le 3 avril 2025 en vue de la remise de son titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative par Mme A.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 9 avril 2025.

La juge des référés,

Signé

C. B

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui les concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.