Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505405

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505405
TypeOrdonnance

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la requête en référé de M. A, ressortissant haïtien, qui demandait au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner toute mesure utile pour débloquer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas remplie, le requérant se bornant à invoquer la nécessité de se rendre dans son pays d’origine pour des problèmes familiaux sans établir l’urgence ni l’utilité des mesures sollicitées. La requête est donc rejetée en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2025, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prendre toute mesure utile afin de débloquer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Il soutient que la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il ne peut se rendre dans son pays d'origine afin d'y régler des problèmes familiaux.

Le président du tribunal a désigné M. Bourragué, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien, né le 12 mars 1991, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de prendre toute mesure utile afin de débloquer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

5. M. A n'établit pas, en se bornant à indiquer qu'il doit rentrer dans son pays d'origine pour y régler des problèmes familiaux, l'urgence qu'il y aurait à prendre des mesures utiles dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Une telle circonstance n'est, par suite, pas susceptible de caractériser à elle seule la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée. Au demeurant, M. A n'établit pas l'utilité des mesures sollicitées, pas plus qu'il n'établit que ces mesures ne feraient pas obstacle à une décision administrative.

6.Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 3 avril 2025

Le juge des référés,

signé

S. Bourragué

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25054052