Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505470

lundi 14 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505470
TypeDécision
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a ordonné l'expulsion de M. B du logement universitaire qu'il occupait sans droit ni titre depuis le 1er septembre 2024. La juridiction a constaté que le maintien de l'occupant, en raison d'un défaut de paiement des redevances et du non-respect des règles d'hygiène, faisait obstacle au logement d'un autre étudiant, caractérisant ainsi une situation d'urgence. La solution retenue s'appuie sur le code général de la propriété des personnes publiques et le règlement intérieur des résidences universitaires, qui qualifient l'occupant de "sans droit ni titre" après l'échéance de son titre d'occupation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mars 2025, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de l'académie de Versailles demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion de M. C B du logement n° C 304 situé au sein de la résidence universitaire Le Square de l'Échiquier, sis 9 square de l'échiquier à Cergy - Saint Christophe (95800) ;

2°) d'ordonner à M. B de restituer les clefs du logement, de la boîte aux lettres, ainsi que de son badge d'accès ;

3°) d'enjoindre à M. B de quitter le logement qu'il occupe, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de M. B la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la juridiction administrative est compétente ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le maintien irrégulier de M. B dans le logement qu'il occupe porte atteinte au bon fonctionnement du service public au regard de la capacité d'accueil limitée du parc de logement du CROUS de Versailles et ce, en empêchant un autre étudiant d'y être logé ;

- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que M. B a été destinataire d'une décision de non-renouvellement du droit d'occupation d'un logement en résidence universitaire en date du 25 juin 2024, qu'il occupe son logement sans droit ni titre depuis le 1er septembre 2024, qu'il a été destinataire d'une mise en demeure de le quitter du directeur général du CROUS de Versailles datée du 16 octobre 2024, qu'il a été en situation d'irrégularités et de défaut de paiement des redevances de 694 euros au 31 mars 2024, qu'il est détenteur d'une dette s'élevant à 359 euros au 28 février 2025 et qu'il lui a été adressé deux avertissements en date du 26 janvier 2024 et du 1er février 2024 en ce qu'il a été constaté qu'il ne respectait pas les obligations en matière d'hygiène telles que définies par le règlement intérieur des résidences universitaires.

La requête a été communiquée à M. B qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bocquet, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 8 avril 2025 à

14 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme Soulier, greffier d'audience :

- le rapport de Mme Bocquet, juge des référés ;

- et les observations de Mme A, représentant le CROUS de l'académie de Versailles.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B occupe, depuis le 15 novembre 2022, un logement dans la résidence universitaire Le Square de l'Échiquier, sis 9 square de l'échiquier à Cergy - Saint Christophe (95800). Par une décision du 25 juin 2024, le directeur général du CROUS de l'académie de Versailles a prononcé le non-renouvellement du droit d'occupation d'un logement en résidence universitaire avec effet à la date du 31 août 2024. Le 16 octobre 2024, l'intéressé a été mis en demeure de quitter les lieux dans le délai de quinze jours à compter de la notification du courrier. Il s'y maintient toutefois depuis cette date sans justifier d'aucun titre l'habilitant à occuper ledit logement. Par la présente requête, le CROUS de Versailles demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. B du logement occupé sans droit ni titre.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Aux termes de l'article 2 du règlement intérieur des résidences universitaires du CROUS de l'académie de Versailles " - occupant sans droit ni titre. L'occupant qui ne dispose pas d'une décision expresse d'admission ou de renouvellement ou qui perd son droit d'occupation en cours d'année devient occupant sans droit ni titre. Son maintien illégal dans les lieux entraîne la mise en œuvre d'une procédure d'expulsion () ". D'autre part, aux termes de l'article 19-1 de ce règlement : " () En cas de maintien dans les lieux au-delà de l'échéance de la décision initiale, le résident devient sans droit ni titre. Une mise en demeure de quitter les lieux lui est alors notifiée. Il dispose d'un délai de quinze jours à compter de la notification pour quitter les lieux (). A défaut, le Crous saisit le juge des référés du tribunal administratif territorialement compétent d'une requête aux fins d'expulsion. ".

4. Il résulte de l'instruction que M. B s'est maintenu dans le logement qu'il occupe malgré la décision du 25 juin 2024 portant non-renouvellement du droit d'occupation d'un logement en résidence universitaire, dès lors qu'il présentait un défaut de paiement de ses redevances, sa dette s'élevant à 694 euros au 31 mars 2024, 718 euros à la date de l'audience, et qu'il n'a pas satisfait aux règles d'hygiène telles que définies par le règlement intérieur des résidences du CROUS de Versailles. Il est, par conséquent, en application des dispositions précitées, occupant sans droit ni titre de ce logement. Par ailleurs, M. B se maintient dans ce logement malgré la mise en demeure de quitter les lieux qui lui a été adressée le 16 octobre 2024. Ainsi, la demande du directeur général du CROUS de l'académie de Versailles ne se heurte à aucune contestation sérieuse. L'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée sont caractérisées par la nécessité d'assurer le bon fonctionnement du service public dont est chargé le CROUS de l'académie de Versailles, qui se trouve empêché de disposer du logement en cause pour y loger un autre étudiant. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à M. B de libérer le logement qu'il occupe indûment, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et, à défaut, d'autoriser le directeur général du CROUS de l'académie de Versailles à procéder à son expulsion.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à M. B de libérer le logement qu'il occupe sans droit ni titre, au sein la résidence universitaire Le Square de l'Échiquier à Cergy - Saint Christophe (95800) dans le délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A défaut pour lui de déférer à cette injonction, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires de l'académie de Versailles pourra faire procéder à son expulsion des lieux.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête du centre régional des œuvres universitaires et scolaires de l'académie de Versailles est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires de l'académie de Versailles et à M. C B.

Fait à Cergy, le 14 avril 2025.

La juge des référés,

signé

P. Bocquet

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.