Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505474

mardi 1 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505474
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de traiter sans délai sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a estimé que la situation d'urgence n'était pas caractérisée, les difficultés invoquées (blocage administratif, risque de perte d'emploi et de droits sociaux) ne justifiant pas une intervention dans un délai de quarante-huit heures. Il a également considéré que les faits ne constituaient pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête a donc été rejetée par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire préalable, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mars 2025, M. B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de traiter sans délai sa demande de renouvellement de titre de séjour et ce sous astreinte.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour, que son contrat de travail risque d'être suspendu, qu'il ne peut bénéficier de ses droits sociaux ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté du travail et au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bocquet, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Une demande présentée au titre de la procédure prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de la situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. A soutient qu'il n'a pas pu effectuer les démarches nécessaires pour son renouvellement de titre de séjour en raison d'un blocage de l'ANEF consécutif à son changement d'adresse, ce qui le place dans une situation irrégulière risquant d'entrainer une perte de son travail et de ses droits sociaux et de porter atteinte à sa vie privée et familiale. Toutefois, ces éléments ne permettent pas d'une part, de caractériser une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures selon la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, mais relève le cas échéant de la procédure en référé mesure utile, et ne constituent pas d'autre part et en tout état de cause, une atteinte à une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Cergy, le 1er avril 2025.

La juge des référés,

signé

P. Bocquet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25047742