Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2505727

dimanche 6 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2505727
TypeOrdonnance

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B A C. Celle-ci demandait une autorisation provisoire de séjour pour se rendre à un rendez-vous médical en Allemagne, invoquant une atteinte grave à son droit à la santé. Le juge constate que la requérante réside à Paris et non dans le ressort du tribunal de Cergy-Pontoise. En application des articles R. 312-8 et R. 522-8-1 du code de justice administrative, la requête est rejetée pour incompétence territoriale, au profit du Tribunal Administratif de Paris.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 3, 4 et 5 avril 2025, Mme B A C demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant la mention " vie privée et familiale " assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle doit être regardée comme soutenant dans le dernier état de ses écritures que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle doit se rendre le 8 avril 2025 en Allemagne pour un rendez-vous médical ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la santé, en l'empêchant de se faire soigner à l'étranger.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Prost pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes de l'article R. 522-8-1 du code précité : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés peut rejeter une requête qui lui est soumise pour incompétence territoriale du tribunal administratif.

2. Aux termes de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. ".

3. Le litige soulevé par Mme C concerne une mesure en matière de police des étrangers. Il résulte de l'instruction que l'intéressée réside à Paris, ainsi qu'elle l'indique elle-même dans ses nombreuses écritures. Dans ces conditions, sa requête ne relève donc pas de la compétence du tribunal administratif de Cergy-Pontoise mais de celle du tribunal administratif de Paris et doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.

Fait à Cergy, le 6 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé

F.-X. Prost

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui les concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25057272