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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2515844

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2515844

mardi 9 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2515844
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET MONCONDUIT ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour opposée à Mme C. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, la requérante ne démontrant pas avoir déposé une demande complète de titre de séjour au sens des articles R. 431-2 et R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence de preuve d'une demande complète, le délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-1 du même code n'avait pas commencé à courir, rendant la requête manifestement mal fondée. L'ordonnance a été rendue sans qu'il soit nécessaire d'appliquer la procédure contradictoire prévue aux articles L. 522-1 et suivants du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2025, Mme A C née B, représentée par Me Monconduit, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui renouveler un titre de séjour et de lui délivrer une carte de résident ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours suivant cette notification ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors que la décision contestée est un refus de renouvellement de titre de séjour ; en outre, elle emporte des conséquences graves et immédiates sur sa situation personnelle, administrative et financière ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen ;

* elle est entachée d'une erreur de droit, en méconnaissance des articles

R. 431-12 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en méconnaissance de l'article L.432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 août 2025 sous le numéro 2515248 par laquelle l'intéressée demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aux termes de l'article L. 431-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l'autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire ". Le premier alinéa de l'article R. 431-2 du même code dispose que : " la demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. / () ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 de ce code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois () ". En vertu des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 de ce code, le silence gardé - sauf exceptions -, pendant plus de quatre mois par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet.

3. Pour se prévaloir de l'existence d'une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement titre de séjour, la requérante produit une attestation de dépôt intitulée " confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de titre de séjour " en date du

18 février 2025. Toutefois, si cette pièce démontre qu'elle a engagé la procédure en vue de se voir délivrer un titre de séjour, elle ne saurait attester du dépôt d'une demande complète de titre au sens des articles R. 431-2 ou R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précités, seul à même de déclencher le délai de quatre mois prévus par l'article R. 432-1 du même code. D'ailleurs, la requérante ne soutient pas s'être vue remettre un récépissé autorisant sa présence en France, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou une attestation de prolongation d'instruction en vertu de l'article R. 431-15-1 de ce code, témoignant de ce qu'ayant déposé un dossier complet, elle aurait été admise à souscrire une demande de délivrance de titre de séjour. Dans ces conditions, le silence gardé par l'administration sur la demande de l'intéressée n'a pu donner lieu à la naissance d'une décision faisant grief.

4. Par suite, les conclusions de Mme C tendant à la suspension de l'exécution d'une décision inexistante à la date de la présente ordonnance doivent être rejetées comme irrecevables en application des dispositions précitées de l'article L.522-3 du code de justice administrative précité.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C née B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C née B.

Fait à Cergy, le 9 septembre 2025.

La juge des référés,

signé

C. Chabrol

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2515844

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