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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2517084

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2517084

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2517084
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantFALALA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de l’association Centre dentaire pour tous. Celle-ci demandait la suspension de la décision du 5 juin 2025 par laquelle la CPAM des Hauts-de-Seine l’avait suspendue du conventionnement pour une durée de 5 ans. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour l’association de démontrer une situation financière irrémédiablement compromise à très court terme, et que les moyens soulevés n’étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la sanction, notamment au regard de l’accord national du 8 juillet 2015 et des codes de la santé publique et de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2025, l’association Centre dentaire pour tous, représenté par Me Bendrihem Helary, demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 5 juin 2025 par laquelle la directrice de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine l’a suspendue de la possibilité d’exercer dans le cadre conventionnel pour une durée de 5 ans ferme à compter du 15 juillet 2025 ;

2°) de mettre à la charge de la CPAM des Hauts-de-Seine la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que :
la décision attaquée porte une atteinte manifestement excessive à son offre de soins et au droit à la santé de ses patients, plus de 700 d’entre eux, dont les plus précaires qui représentent un tiers de sa patientèle, se trouvant désormais privés de soins faute de plan de continuité, alors qu’elle est irréprochable depuis son ouverture en 2019 ;
elle porte une atteinte grave et irrémédiable au droit d’accès de ses patients aux soins et au principe d’égalité qui en découle ;
elle porte une atteinte grave et immédiate à sa situation économique et sociale, dès lors qu’elle ne peut plus couvrir ses charges depuis le mois d’août, et à celle de son personnel ; elle est désormais exposée à une cessation de paiements ;
elle porte une atteinte grave et irrémédiable à sa réputation ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle a été prise à l’issue d’une procédure irrégulière, faute de mise en demeure préalable de l’administration, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration tel qu’éclairé par la circulaire n° CIR-24/2019, auxquelles ne fait pas échec la nature contractuelle de l’accord national des centres de santé, qui, en tant que contrat de droit administratif, n’échappe pas au champ du droit à l’erreur ;
elle a été prise en violation de l’article 59 de cet accord ;
la fraude invoquée par la CPAM manque en fait, les griefs qui lui sont opposés étant matériellement inexacts ou ne lui étant pas directement imputables ;
la décision attaquée, fondée sur des données et constats erronés, inhérents entre autres à des erreurs de traitement informatique attestées par des constats d’huissiers et sur une confusion entre responsabilité du centre gestionnaire et fautes personnelles des praticiens, est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation ;
elle est en tout état de cause disproportionnée eu égard à l’insignifiance des erreurs de cotation qui lui sont reprochées et aux conséquences économiques et professionnelles en revanche excessives qu’elle lui fait subir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2025, la CPAM des Hauts-de-Seine, représentée par Me Gorse, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à la mise à la charge de l’association Centre dentaire pour tous de la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie en l’absence de documents attestant de risques de défaillance financière à très court terme et en présence de possibilités de soins alternatifs en région Ile-de-France ; en tout état de cause, il est de l’intérêt des patients de ne pas être suivis dans une association indifférente à la préservation des comptes de l’assurance-maladie ;
- en l’état de l’instruction, aucun des moyens soulevés n’est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2512187 enregistrée le 6 juillet 2025, par laquelle l’association Centre dentaire pour tous demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l’accord national destiné à organiser les rapports entre les centres de santé et les caisses d’assurance maladie signé le 8 juillet 2015 ;
- le code de justice administrative.



Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 8 octobre 2025 à 14 heures.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Oriol, juge des référés ;
- les observations orales de Me Bendrihem Helary, représentant l’association Centre dentaire pour tous, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens ;
- et les observations orales de Me Gorse, représentant la CPAM, en présence de M. A..., qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens.


La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

L’association Centre dentaire pour tous exploite à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) un centre de santé médico-dentaire. Par la présente requête, elle demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 5 juin 2025 par laquelle la directrice de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine l’a suspendue de la possibilité d’exercer dans le cadre conventionnel pour une durée de 5 ans ferme à compter du 15 juillet 2025.

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».

En l’état de l’instruction, aucun des moyens rappelés dans les visas de la présente ordonnance n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, il y a lieu de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l’espèce, il y a également de rejeter les conclusions de la CPAM présentées sur le même fondement.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de l’association Centre dentaire pour tous est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Centre dentaire pour tous et à la CPAM des Hauts-de-Seine.


Fait, à Cergy, le 9 octobre 2025.

La juge des référés,

signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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