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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2517571

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2517571

jeudi 2 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2517571
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMARMIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler. La juge des référés a estimé que la perte des allocations de retour à l'emploi et de l'aide personnalisée au logement invoquée par la requérante ne caractérisait pas une situation d'urgence particulière justifiant une intervention dans un délai de quarante-huit heures. En conséquence, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'atteinte aux libertés fondamentales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Marmin, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle se trouve en situation irrégulière, qu’elle est en conséquence privée de toute ressource, qu’elle a été radiée de la liste des demandeurs d’emploi et ne perçoit plus d’allocations d’aide au retour à l’emploi ni l’aide personnalisée au logement versée par la caisse d’allocations familiales, faute de pouvoir justifier de la régularisation de sa situation ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir, à son droit à travailler et à son droit à ne pas être soumise à des traitements inhumains ou dégradants, dès lors que l’omission du préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer d’une attestation de prolongation d’instruction à l’échéance de son titre de séjour méconnaît les dispositions des articles R. 431-2 et R. 431-5-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante algérienne née le 3 mars 1966, est titulaire d’un certificat de résidence algérien de dix ans valable jusqu’au 20 juin 2025. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le site de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF) le 27 juin 2025. Par la présente requête, Mme A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre une attestation de prolongation d’instruction de sa demande l’autorisant à travailler.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

Pour établir l’extrême urgence qu’il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de faire cesser la situation dans laquelle elle se trouve, Mme A... fait valoir qu’en raison de l’irrégularité de sa situation, elle a perdu le bénéfice de son allocation de retour à l’emploi et de l’aide personnalisée au logement et qu’il lui est demandé de restituer les sommes versées à ce dernier titre depuis l’expiration de son titre de séjour le 21 juin 2025. Ces circonstances sont néanmoins insuffisantes pour justifier à ce stade de l’existence d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures.

Par suite, en l’absence d’urgence, sans qu’il y ait lieu d’examiner la condition d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Il reste loisible à Mme A..., s’elle s’y croit fondée, de présenter une requête en référé sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 code de justice administrative tant qu’aucune décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour n’est née, ou une demande de suspension sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 code de justice administrative lorsqu’une telle décision sera née.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Cergy le 2 octobre 2025

La juge des référés,


Signé


L.Moinecourt



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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