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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2519803

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2519803

lundi 10 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2519803
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantBALONGA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du renouvellement de titre de séjour de Mme B..., ressortissante marocaine. La requérante invoquait l’urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, mais le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, car la demande de renouvellement avait été déposée en dehors des délais prévus à l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En conséquence, l’ordonnance a été rendue sans instruction complémentaire, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 octobre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Balonga, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°)
de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre à « la préfecture du Val-de-Marne » à titre principal de lui délivrer un titre de séjour et, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 5 juin 2025 et qu’elle est sans nouvelle de sa demande, si bien qu’une décision implicite de rejet est née ; le non-traitement de sa demande la place en situation irrégulière et l’expose à la perte de son emploi ;
il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de
la décision contestée :
elle est entachée d’erreur manifeste d'appréciation dès lors qu’elle remplit les conditions pour le renouvellement d’un titre de séjour en qualité de conjoint de français ;

Vu :
- la requête n° 2519802 par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Dubois, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante marocaine née le 26 juillet 2003, est entrée en France le 2 octobre 2024 selon ses déclarations. Elle a demandé sur le site de l’ANEF le 5 juin 2025 le renouvellement de son titre de séjour. Elle sollicite la suspension, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande par le préfet des Hauts-de-Seine à l’expiration d’un délai de quatre mois.

D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes du second alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l’attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

D’autre part, aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande (…) ». Aux termes de l’article R. 431-5 du même code : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire (…) ».

Pour justifier de l’urgence de sa situation, Mme B... se prévaut de la présomption d’urgence attachée aux demandes de renouvellement de titre de séjour et fait valoir que l’irrégularité au regard du droit au séjour dans laquelle la plonge la décision attaquée l’expose à la perte de son emploi. Toutefois, la requérante ne produit pas, à l’appui de sa requête, la copie de son précédent titre de séjour. Elle n’établit ainsi pas que sa demande concernerait le renouvellement d’un titre de séjour et non une première demande de titre. En outre, elle n’apporte aucun commencement de preuve susceptible de justifier que la demande qu’elle a déposée le 5 juin 2025 aurait été déposée dans les délais prévus par l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et serait complète, alors que seule lui a été délivrée une confirmation de dépôt de sa demande et non une attestation de prolongation d’instruction, seul document attestant de la complétude de la demande en vertu de l’article R. 431-15-1. Dans ces conditions, en l’état de l’instruction, la condition d’urgence à laquelle l’article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne l’intervention du juge du référé suspension n’apparait pas remplie.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de Mme B... en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....



Fait à Cergy, le 10 novembre 2025.

Le juge des référés,

Signé



J. Dubois

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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