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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2520731

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2520731

mercredi 26 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2520731
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantROSIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. A..., ressortissant afghan bénéficiaire de la protection subsidiaire, pour suspendre le refus implicite du préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle. Le requérant s’est désisté de ses conclusions principales à fin de suspension et d’injonction, désistement dont il a été donné acte. Le tribunal a prononcé l’admission provisoire de M. A... à l’aide juridictionnelle et a mis à la charge de l’État la somme de 1 000 euros au titre des frais de justice, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Rosin, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « bénéficiaire de la protection subsidiaire » ;

3°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent, d’une part, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de 48 heures sous-astreinte de 300 euros par jour de retard, d’autre part de lui délivrer à titre provisoire et conservatoire une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « bénéficiaire de la protection subsidiaire » dans un délai de 30 jours sous astreinte de 300 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation et de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Rosin en application des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation de son conseil à percevoir la part contributive de l’aide juridictionnelle de l’Etat, ou, si le bénéfice de l’aide juridictionnelle ne lui est pas accordé à titre définitif, de lui verser directement cette somme sur le fondement de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
la condition d’urgence est remplie dès lors que, d’une part, il lui a été accordé le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 23 août 2023, d’autre part, son contrat de travail au sein de la société Hyper pa’cher est suspendu depuis le 23 octobre 2025 et il craint d’être contrôlé par les forces de police ce qui le place dans une situation administrative et professionnelle précaire ;

il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle est insuffisamment motivée ;
elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-9, L. 424-12 et R. 424-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de cette requête.

Il fait valoir que la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que M. A... s’est vu délivrer une attestation de prolongation d’instruction valable du 14 novembre 2025 au 13 mai 2026.

Par un mémoire enregistré le 19 novembre 2025, M. A... représenté par Me Rosin informe le tribunal qu’il se désiste de ses conclusions à fins de suspension et d’injonction sous astreinte et maintient ses conclusions tendant à son admission à l’aide juridictionnelle et relatives aux frais de l’instance.

Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- la requête n°2520720 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience du 20 novembre 2025 à
10 heures.

Le rapport de Mme Chabrol, juge des référés, a été entendu au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d’audience, les parties n’étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1.
M. B... A..., ressortissant afghan né le 8 mars 1999, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d’asile du 23 août 2023. Le 29 août 2023, l’intéressé a sollicité une demande de carte de séjour pluriannuelle portant la mention « bénéficiaire de la protection subsidiaire ». M. A... a obtenu plusieurs autorisations de prolongation d’instruction, dont la dernière valable jusqu’au 23 octobre 2025. Par la présente requête, M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite du préfet des Hauts-de-Seine, née du silence gardé par l’administration pendant plus de quatre mois à l’issue du dépôt de sa demande, rejetant sa demande de délivrance de carte de séjour pluriannuelle.

Sur la demande d’admission, à titre provisoire, à l’aide juridictionnelle :

2.
Aux termes de l’article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président ».

3. Eu égard aux circonstances de l’espèce et aux délais dans lesquels la juge des référés doit se prononcer, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, le requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur la requête de M. A... :

4. En premier lieu, par un mémoire enregistré le 19 novembre 2025, M. A... informe le tribunal qu’il se désiste de ses conclusions aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte. Ce désistement partiel étant pur et simple, rien ne s’oppose à ce qu’il lui en soit donné acte.

5. En second lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve de l’admission de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre définitif, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros qui sera versée à Me Rosin, son conseil, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où M. A... ne serait pas admise à titre définitif au bénéfice de cette aide, la somme en cause sera versée directement à M. A....



O R D O N N E :

Article 1er : M. A... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte présentées par M. A....

Article 3 : L’Etat versera la somme de 2 000 euros à Me Rosin, dans les conditions fixées à l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve, d’une part, de l’admission définitive de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle et, d’autre part, que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.










Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy, le 26 novembre 2025

La juge des référés,

signé

C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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