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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2523152

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2523152

lundi 8 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2523152
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantKARASU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du préfet des Hauts-de-Seine concernant la demande d’admission exceptionnelle au séjour de M. B.... Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, s’agissant d’une première demande de titre de séjour, et que les éléments invoqués par le requérant (précarité, risque de perte d’emploi, menace d’éloignement) ne suffisaient pas à la caractériser. Par conséquent, la requête a été rejetée sans examen des moyens de fond, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Karasu, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de prononcer la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicite rejeté sa demande d’admission exceptionnelle au séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, dans l’attente du jugement au fond, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie, dès lors que l’irrégularité de sa situation administrative le place dans une situation de très grande précarité administrative en l’exposant à la perte de son emploi et en l’empêchant d’exercer légalement son activité professionnelle ; la perte de cet emploi le priverait de ses seules ressources ; en outre la décision litigieuse fait peser sur lui la menace constante d’une mesure d’éloignement ;

Il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- elle méconnait l’article L.435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2523151 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Chabrol, première conseillère, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

2. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette urgence sera, en principe, constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas parmi lesquels figurent les demandes de changement de fondement de titre de séjour, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision attaquée, M. B... soutient que l’irrégularité de sa situation administrative le place dans une situation de très grande précarité administrative en l’exposant à la perte de son emploi et en l’empêchant d’exercer légalement son activité professionnelle ; la perte de cet emploi le priverait de ses seules ressources ; entre outre la décision litigieuse fait peser sur lui la menace constante d’une mesure d’éloignement. Toutefois, il résulte de l’instruction que la demande d’admission exceptionnelle au séjour présentée par l’intéressé au préfet des Hauts-de-Seine constitue une première demande de titre de séjour et que les éléments qu’il allègue ne permettent pas de caractériser une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée dans toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du même code.






O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Cergy, le 8 décembre 2025.

La juge des référés,

Signé
C. Chabrol

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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