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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2601048

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2601048

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2601048
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET MORADÉKÉ BADIROU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par un ressortissant tunisien demandant d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'administration avait délivré au requérant l'attestation sollicitée, le rendant ainsi titulaire d'un document l'autorisant à travailler. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet, et il n'y a plus lieu d'y statuer. L'ordonnance met à la charge de l'État une somme de 800 euros au titre des frais de justice, en application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2026, Monsieur B... A..., représenté par Me Badirou, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à l’instruction de sa demande de carte de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ou, subsidiairement de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est présumée remplie, en présence d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour ; cette situation le place en situation irrégulière depuis l’expiration de son visa long séjour, le prive de la possibilité de se déplacer à l’étranger ; il risque de perdre son emploi ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle constitue l’unique moyen de se voir délivrer une attestation de prolongation d’instruction ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sénécal, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. Monsieur B... A..., ressortissant tunisien né le 29 juin 1998, est entré régulièrement sur le territoire français le 16 janvier 2025 muni d’un visa D valable du 15 janvier 2025 au 14 janvier 2026. Il a sollicité le 19 octobre 2025 le renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint d’une ressortissante française. Par la présente requête, M. A... demande à la juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation de prolongation d’instruction.

Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :


2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président (…) ».


3. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. A..., de prononcer son admission provisoire à l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions à fin d’injonction :


4. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d’urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c’est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu’elles ne fassent pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

5. Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, M. A... a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction valable du 21 janvier 2026 au 20 avril 2026 l’autorisant à travailler. Par suite, les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte, présentées par le requérant, sont devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

6. M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros à verser à Me Badirou, avocat de M. A..., en application des dispositions combinées des articles L. 761- 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la requête de M. A....

Article 2 : L’Etat versera la somme de 800 euros Me Badirou, avocat de M. A..., une somme de 800 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., Me Badirou et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.


Fait à Cergy-Pontoise, le 29 janvier 2026.

La juge des référés,

Signé

I. Sénécal


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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