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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2604059

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2604059

jeudi 26 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2604059
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLENOUVEL ALVAREZ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé liberté (article L. 521-2 CJA), a rejeté la requête de Mme B... visant à obtenir l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un document provisoire de séjour. Le juge a estimé que les circonstances invoquées (risque de suspension de contrat de travail et voyages professionnels) ne caractérisaient pas l'urgence particulière requise pour constater une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La demande a donc été jugée irrecevable au titre de cette procédure d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2026, Mme A... B..., représentée par
Me Lenouvel Alvarez, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer en préfecture sans délai, afin d’enregistrer sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle, ainsi que sa demande de carte de résident ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l’intérieur de lui délivrer sans délai un document provisoire l’autorisant à séjourner en France et à franchir les frontières de l’Espace Schengen, avec autorisation de travail, et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que sans régularisation de sa situation administrative d’ici le 2 mars prochain, et sans délivrance d’une autorisation provisoire portant autorisation de travail avant cette date, son contrat de travail sera suspendu par son employeur ; en outre, elle doit réaliser deux voyages professionnels à Puerto del Carmen et à Reykjavik les
11 mars et 20 mars prochains ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir, à son droit au respect de sa vie privée, à sa liberté de travailler

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

2. Lorsqu’un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l’article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l’article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l’article L. 521-2 soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de l'extrême urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet des
Hauts-de-Seine de la convoquer en préfecture et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour, Mme B... fait valoir que son contrat de travail sera suspendu si elle n’est pas en mesure de fournir à son employeur, d’ici le 2 mars 2026, un document provisoire de séjour l’autorisant à travailler, et qu’elle doit se rendre à l’étranger pour deux voyages professionnels les 11 et 20 mars prochains. Toutefois, et alors que les pièces versées au dossier ne permettent pas, à elles seules, d’établir le caractère certain de ces allégations, les circonstances invoquées par la requérante ne permettent pas de caractériser l'urgence particulière justifiant qu’il soit ordonné à très bref délai, sur le fondement de l’article L. 521‑2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde remédiant à une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

4. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de faire application des dispositions rappelées au point 1 de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de Mme B....


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Cergy, le 26 février 2026.

La juge des référés,

Signé


A. Richard


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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