Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2617607
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2617607 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HERVET |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2026, M. A..., représentée par Me Hervet, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-d'Oise, dans les meilleurs délais, d’une part, de lui communiquer la décision de retrait de sa carte de résident, et d’autre part de lui fixer un rendez‑vous afin qu’il puisse déposer sa demande de titre de séjour et se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- les mesures sollicitées ne font obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- les mesures sollicitées sont utiles.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d’Oise qui n’a pas formulé d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jacquinot, conseiller, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant marocain, né le 16 mars 1981, a déposé le 23 mars 2026 une demande de renouvellement de sa carte de résident, valable jusqu’au 19 juillet 2026. Cette demande a été clôturée au motif que la carte dont il disposait ayant été retirée, il lui appartient de solliciter un rendez-vous en préfecture. M A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val‑d'Oise, d’une part, de lui communiquer la décision de retrait de carte de résident le concernant, et, d’autre part de lui fixer un rendez-vous en préfecture afin qu’il puisse déposer sa demande et se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
5. D’une part, M. A... fait valoir qu’il lui appartient de recevoir en urgence notification de la décision par laquelle il a fait l’objet d’un retrait de sa carte de résident, décision qu’il indique ne pas avoir eu notification. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à établir qu’il aurait effectué une demande de communication de cette décision, tandis qu’il résulte de l'instruction que cette pièce est toujours en sa possession et est désormais expirée. En outre, le délai imparti afin d’engager un recours à l’encontre de cette décision, le cas échéant, ne peut commencer à courir en l’absence de notification. Dans ces conditions, à ce stade, il ne justifie d’aucune urgence de nature à justifier le prononcé d’une injonction en vue de la communication de la décision susvisée.
6. D’autre part, pour justifier de l’urgence particulière qu’il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous pour lui permettre d’obtenir une autorisation provisoire de séjour, M. A... soutient qu’il ne parvient pas à obtenir de rendez-vous et qu’il risque de perdre son emploi alors qu’il est embauché à contrat à durée indéterminée en tant que conducteur. Toutefois, il ne produit des preuves de début de demande de rendez-vous en préfecture qu’à compter de juin 2026, soit à une date encore récente. En outre, l’irrégularité de sa situation résulte principalement du fait de la décision de retrait de sa carte de résident, étant sur ce point sans incidence que l’intéressé indique être en démarche afin d’obtenir l’effacement des données du fichier de traitement des antécédents judiciaires le concernant sur des faits passés qu’il admet sans en préciser cependant la nature.
7. Il résulte de ce qui précède le requérant ne peut être regardé comme justifiant d’une situation d’urgence rendant nécessaire l’édiction des mesure sollicitées sur le fondement de l’article L. 521‑3 du code de justice administrative.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte présentées par M. A... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’Intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.
Fait à Cergy, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
signé
M. Jacquinot
La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 12 août 2026, M. A..., représentée par Me Hervet, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-d'Oise, dans les meilleurs délais, d’une part, de lui communiquer la décision de retrait de sa carte de résident, et d’autre part de lui fixer un rendez‑vous afin qu’il puisse déposer sa demande de titre de séjour et se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- les mesures sollicitées ne font obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ;
- les mesures sollicitées sont utiles.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d’Oise qui n’a pas formulé d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jacquinot, conseiller, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant marocain, né le 16 mars 1981, a déposé le 23 mars 2026 une demande de renouvellement de sa carte de résident, valable jusqu’au 19 juillet 2026. Cette demande a été clôturée au motif que la carte dont il disposait ayant été retirée, il lui appartient de solliciter un rendez-vous en préfecture. M A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val‑d'Oise, d’une part, de lui communiquer la décision de retrait de carte de résident le concernant, et, d’autre part de lui fixer un rendez-vous en préfecture afin qu’il puisse déposer sa demande et se voir délivrer une autorisation provisoire de séjour.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
5. D’une part, M. A... fait valoir qu’il lui appartient de recevoir en urgence notification de la décision par laquelle il a fait l’objet d’un retrait de sa carte de résident, décision qu’il indique ne pas avoir eu notification. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à établir qu’il aurait effectué une demande de communication de cette décision, tandis qu’il résulte de l'instruction que cette pièce est toujours en sa possession et est désormais expirée. En outre, le délai imparti afin d’engager un recours à l’encontre de cette décision, le cas échéant, ne peut commencer à courir en l’absence de notification. Dans ces conditions, à ce stade, il ne justifie d’aucune urgence de nature à justifier le prononcé d’une injonction en vue de la communication de la décision susvisée.
6. D’autre part, pour justifier de l’urgence particulière qu’il y aurait à enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous pour lui permettre d’obtenir une autorisation provisoire de séjour, M. A... soutient qu’il ne parvient pas à obtenir de rendez-vous et qu’il risque de perdre son emploi alors qu’il est embauché à contrat à durée indéterminée en tant que conducteur. Toutefois, il ne produit des preuves de début de demande de rendez-vous en préfecture qu’à compter de juin 2026, soit à une date encore récente. En outre, l’irrégularité de sa situation résulte principalement du fait de la décision de retrait de sa carte de résident, étant sur ce point sans incidence que l’intéressé indique être en démarche afin d’obtenir l’effacement des données du fichier de traitement des antécédents judiciaires le concernant sur des faits passés qu’il admet sans en préciser cependant la nature.
7. Il résulte de ce qui précède le requérant ne peut être regardé comme justifiant d’une situation d’urgence rendant nécessaire l’édiction des mesure sollicitées sur le fondement de l’article L. 521‑3 du code de justice administrative.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte présentées par M. A... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’Intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d’Oise.
Fait à Cergy, le 1er octobre 2026.
Le juge des référés,
signé
M. Jacquinot
La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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