Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2620527

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2620527
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKABSI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 septembre 2026, Mme B... A..., représentée par Me Kabsi demande à la juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer en préfecture dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer tout document provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre des l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’urgence est établie dès lors qu’il est porté atteinte au respect de sa vie privée et familiale, que cette circonstance la place dans une situation irrégulière et dans une situation de précarité administrative ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, ne fait nullement obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Hérault, première conseillère, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante ivoirienne, née le 21 décembre 1989, déclare avoir sollicité un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » sur le site de la plateforme « Administration numérique des étrangers en France » (ANEF) et s’être vue délivrer une attestation de dépôt de pré-demande. Par la présente requête, Mme A... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer en préfecture et de lui délivrer tout document provisoire de séjour l’autorisant à travailler.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522‑3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.

4. Si Mme A... soutient avoir déposé un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » par le biais de la plateforme « Administration numérique des étrangers en France » (ANEF), elle ne l’établit pas par les pièces qu’elle produit. Dans ces conditions, dès lors que Mme A... ne justifie pas avoir sollicité régulièrement un titre de séjour sur le site ANEF, sa requête, présentée sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, ne peut qu’être rejetée.




O R D O N N E:


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.









Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 1er octobre 2026.

La juge des référés

Signé

E. HERAULT








La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.