1 009 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
1 009
Décisions totales
383 581
Ordonnances
308 806
Avec résumé IA
Avocat : DAVID
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de M. C... contestant la décision du 24 avril 2024 du directeur du centre de détention d’Alençon-Condé-sur-Sarthe ordonnant sa prise en charge en gestion individualisée pour deux mois. Le tribunal a admis la substitution de base légale demandée par le ministre, fondant la décision sur les articles L. 6, L. 211-4, D. 211-36 et R. 414-7 du code pénitentiaire, qui permettent d'adapter le régime de détention en fonction de la personnalité et du comportement du détenu. Il a jugé que cette mesure, qui restreignait les activités sportives collectives, n'était pas une sanction disciplinaire mais une modalité de prise en charge justifiée par le comportement de M. C..., et qu'elle était suffisamment motivée et proportionnée. Les moyens d'incompétence, de méconnaissance du contradictoire et d'erreur manifeste d'appréciation ont été écartés.
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. J..., détenu, qui contestait la sanction de dix jours de cellule disciplinaire prononcée pour agression sur un codétenu. Le tribunal a d'abord écarté la demande de rejet du mémoire en défense du ministre, estimant que sa production avait rouvert l'instruction de manière contradictoire. Sur le fond, il a jugé que la décision attaquée n'était pas entachée d'incompétence, que la procédure était régulière au regard du code pénitentiaire et que les droits de la défense avaient été respectés. Enfin, il a considéré que les faits étaient matériellement établis, qu'ils relevaient d'une faute du premier degré et que la sanction n'était pas disproportionnée.
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... qui contestait son transfert du centre de détention de Villenauxe-la-Grande vers celui de Toul. Le juge a qualifié cette décision de mesure d'ordre intérieur, insusceptible de recours pour excès de pouvoir, car elle ne portait pas une atteinte excessive à ses droits fondamentaux, notamment à sa vie privée et familiale. Le requérant n'a pas démontré que l'éloignement de sa famille, résidant dans le sud, excédait les contraintes inhérentes à la détention. La solution retenue s'appuie sur la jurisprudence relative aux actes administratifs et à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Avocat : CABINET DAVID BOYLE
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. C... contestant la décision du ministre de la Justice du 2 mai 2022 prolongeant son placement à l'isolement à la maison centrale d'Arles. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation et le défaut d'avis médical, en se fondant sur les articles L. 213-8 et R. 213-21 du code pénitentiaire. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation.
Le Tribunal Administratif de Limoges rejette la requête de M. D... qui contestait la décision du 22 juin 2023 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Dijon prolongeant son placement à l'isolement pour trois mois. Le tribunal écarte les moyens d'incompétence, de défaut de motivation et de vice de procédure, estimant que la décision, signée par une autorité compétente et dûment publiée, est suffisamment motivée au regard des articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et R. 213-24 du code pénitentiaire. Il juge également que l'absence de mention de la transmission au juge d'application des peines, prévue à l'article R. 213-35 du code pénitentiaire, n'entache pas la légalité de la décision. Enfin, le tribunal considère que la prolongation de l'isolement n'est pas entachée d'erreur d'appréciation compte tenu du comportement persistant de l'intéressé.
Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de la commune de Chenôve de renouveler son contrat à durée déterminée d’agent technique. La juridiction a d’abord écarté la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté, la décision ne comportant pas les mentions obligatoires des voies et délais de recours. Sur le fond, le tribunal a jugé que la décision de non-renouvellement, fondée sur l’intérêt du service, n’était pas entachée d’illégalité, et que l’absence d’entretien préalable n’était pas requise en l’espèce. La solution retenue s’appuie sur les dispositions de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et du décret n° 88-145 du 15 février 1988.
Avocat : GOURINAT DAVID
Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise contradictoire à la demande de la SCI de la Source. Cette mesure vise à déterminer les causes des désordres affectant son étang, qu’elle impute au déversement des eaux pluviales communales via un ouvrage public. Le juge a estimé que les faits allégués n’étaient pas manifestement insusceptibles de justifier cette mesure, rejetant ainsi l’argument de la commune de Cuisery qui contestait l’utilité de l’expertise. L’expert devra notamment se prononcer sur l’imputabilité des désordres à l’ouvrage public ou à un défaut d’entretien.
Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme A... B..., ressortissante chilienne, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a considéré que l'absence de ce document exposait la requérante à un risque de perte d'emploi et à une situation irrégulière, caractérisant ainsi l'urgence et l'utilité de la mesure. L'injonction a été prononcée sans astreinte, et l'État a été condamné à verser 800 euros à la requérante au titre des frais de justice.
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme F..., ressortissante congolaise, qui contestait le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de renvoi pris par le préfet du Val-d'Oise le 30 juin 2023. La juridiction a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, l'insuffisance de motivation, l'erreur de fait, le défaut de saisine de la commission du titre de séjour, la méconnaissance du droit d'être entendu, ainsi que la violation des articles 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue confirme la légalité de l'arrêté préfectoral, en application des textes précités.
Cette décision du Tribunal Administratif de Caen concerne un référé suspension introduit par un détenu, M. B..., contre la décision du ministre de la justice du 3 septembre 2025 prolongeant son placement à l’isolement pour trois mois. Le requérant invoque l’urgence, notamment en raison d’un isolement prolongé depuis plus de douze ans et d’une dégradation de son état de santé, ainsi que des doutes sérieux sur la légalité de la décision, tenant à un défaut de motivation, une méconnaissance du contradictoire et une erreur de droit au regard des articles R. 213-25 du code pénitentiaire et de la circulaire du 14 avril 2011. Le juge des référés admet le requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et ordonne la suspension de l’exécution de la décision attaquée, estimant que la condition d’urgence est présumée et que les moyens soulevés sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la prolongation. Les textes appliqués incluent l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, et les dispositions du code pénitentiaire relatives
Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par M. A..., détenu, d’une demande de suspension de la décision du directeur du centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis instaurant un régime de fouilles intégrales systématiques. Le juge des référés a constaté que la décision attaquée du 14 août 2025 avait été abrogée et remplacée par un nouvel arrêté le 2 octobre 2025, rendant sans objet les conclusions à fin de suspension. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions, sans se prononcer sur le fond du litige. La requête a été rejetée pour le surplus, incluant les demandes d’extraction et de frais irrépétibles.
Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la requête de M. B..., détenu, contestant le refus de l'administration pénitentiaire de procéder à un effacement partiel de son disque dur, imposant un formatage complet pour la restitution de son ordinateur. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable, considérant que la décision attaquée constituait une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours pour excès de pouvoir. Il a également jugé que, même à la supposer recevable, la requête était tardive, la décision du 4 janvier 2021 étant confirmative de décisions antérieures devenues définitives.
Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la requête de M. B... contestant la décision du 9 mai 2022 l'affectant au quartier « maison d'arrêt » du centre pénitentiaire de Lille-Annœullin, plutôt qu'au quartier « centre de détention » comme initialement prévu. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par le ministre, jugeant que cette décision, en raison de son impact sur le régime de détention et les perspectives de réinsertion, ne constitue pas une simple mesure d'ordre intérieur et est donc susceptible de recours pour excès de pouvoir. Sur le fond, il a annulé la décision au motif qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-3 du code pénitentiaire, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens.
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A... visant à suspendre la décision du 14 août 2025 du chef d'établissement du centre pénitentiaire du Havre le soumettant à un régime de fouilles intégrales systématiques pour une durée de trois mois. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, en raison du profil pénal du requérant, de son ancrage dans la mouvance terroriste et des risques pour la sécurité de l'établissement, justifiant le maintien de la mesure. Par ailleurs, il a été fait droit à la demande d'aide juridictionnelle provisoire et à celle de comparution par visioconférence, mais la demande d'extraction a été rejetée. La décision s'appuie notamment sur les dispositions du code pénitentiaire et la convention européenne des droits de l'homme.