1 602 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
1 602
Décisions totales
383 581
Ordonnances
270 967
Avec résumé IA
Le Tribunal administratif de Montreuil a été saisi par la société L’air liquide d’une requête en plein contentieux visant à obtenir le rétablissement de ses droits à l’imputation du crédit d’impôt recherche au titre de l’année 2020. Par un avis du 1er avril 2025, l’administration a fait droit à cette demande, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur ces conclusions. Les conclusions accessoires présentées au titre de l’article L. 761-1 du même code ont été rejetées.
Avocat : SULLIVAN ET CROMWELL
Le Tribunal administratif de Paris annule la décision du 10 novembre 2025 par laquelle le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a refusé à Mme C... B..., ressortissante péruvienne, le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal estime que l’OFII a commis une erreur manifeste d’appréciation en ne prenant pas en compte la vulnérabilité de la requérante, de son mari et de leur enfant nouveau-né, qui vivaient dans un camion. Il enjoint à l’OFII d’accorder ces conditions matérielles d’accueil à compter du 10 novembre 2025, sous réserve de changement de circonstances. La décision s’appuie sur les articles L. 551-15 et L. 531-27 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Avocat : IVANOVIC FAUVEAU
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. C..., sage-femme au CHU de Lille, qui contestait un blâme qui lui avait été infligé le 18 août 2022. Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire, notamment le délai de six jours entre la convocation et l'entretien, n'avait pas méconnu les droits de la défense, aucun texte n'imposant un délai spécifique pour les sanctions du premier groupe. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des demandes de M. C..., incluant l'annulation de la sanction et la demande de dommages et intérêts. Les textes appliqués sont le code général de la fonction publique et le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989.
Avocat : VANDAËLE
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B... A..., ressortissant comorien, qui contestait l'arrêté du préfet du Morbihan du 19 août 2024 lui refusant un titre de séjour « vie privée et familiale ». Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de méconnaissance du droit d'être entendu. Il a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur de fait ni méconnu les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête.
Avocat : DEGIOVANNI
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par Mme B... d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de police du 13 novembre 2025 ordonnant sa remise aux autorités croates, responsables de sa demande d’asile. En cours d’instance, le préfet a retiré cet arrêté par une décision du 10 décembre 2025. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d’annulation étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Il a également accordé l’aide juridictionnelle provisoire à la requérante et condamné l’État à verser 1 200 euros à son avocate au titre des frais de justice, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Avocat : IVANOVIC FAUVEAU
Le Tribunal Administratif de Dijon, saisi d’un recours pour excès de pouvoir contre une décision de prolongation du placement à l’isolement d’un détenu, a estimé que ce litige relevait de la compétence territoriale du tribunal du lieu d’incarcération. En application des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative, le placement à l’isolement étant une mesure de police, la requête a été transmise au Tribunal Administratif d’Orléans.
Avocat : VAN DER HAVE MARGAUX
Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative par des propriétaires riverains, demandant à la commune de Réalmont et à la communauté de communes Centre Tarn de réaliser en urgence la démolition et la reconstruction d'un mur de soutènement menaçant ruine, ainsi que le déplacement d'un poteau électrique. Les requérants soutenaient que ce mur, accessoire de la voie publique, constituait un ouvrage public dont la charge incombait aux collectivités. La communauté de communes a contesté l'urgence et la propriété de l'ouvrage. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les mesures définitives de reconstruction sollicitées excédaient la compétence du juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires et conservatoires.
Avocat : BINEL LAURENT VAN DRIEL
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. C..., reconnu prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 28 mai 2021, qui demandait réparation pour l'absence de relogement. Le tribunal a jugé que la carence fautive de l'État à exécuter cette décision engageait sa responsabilité sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Il a condamné l'État à verser 450 euros à M. C... pour les troubles dans ses conditions d'existence subis du 28 novembre 2021 au 20 juillet 2023, période durant laquelle il était hébergé chez ses parents sans proposition de logement.
Avocat : VANITOU
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet du Val-de-Marne du 6 février 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de destination. Le tribunal a d'abord écarté la fin de non-recevoir pour tardiveté soulevée par le préfet, en raison d'une notification de l'arrêté ne comportant pas les mentions requises. Sur le fond, il a jugé que le refus de titre de séjour n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et que les autres moyens (vice de procédure, illégalité de l'OQTF, erreur sur les conséquences personnelles, méconnaissance de l'article 3 de la CEDH) n'étaient pas fondés.
Avocat : NGUYEN VAN HO
Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’exécution de deux titres de perception émis par le rectorat de Créteil pour le recouvrement de trop-perçus de rémunération. Le juge a estimé que la requête en annulation des titres, déjà déposée par M. A..., avait, par application d’un principe général du droit, un effet suspensif sur le recouvrement forcé, rendant la demande de suspension sans objet et irrecevable. La solution retenue repose sur l’absence d’objet de la requête en référé, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’urgence ou le doute sérieux sur la légalité.
Avocat : VERALLO BORIVANT
Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté préfectoral du 14 mai 2025. Le tribunal a jugé que le préfet du Var n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en refusant le titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du CESEDA. Cette décision est motivée par le cumul de très nombreuses absences non justifiées et des résultats scolaires très justes, incluant un échec au CAP, démontrant un défaut de caractère réel et sérieux du suivi de formation.
Avocat : GIOVANNANGELI & COLAS AVOCATS ASSOCIES
Le Tribunal Administratif de Paris annule la décision du 7 novembre 2025 par laquelle le directeur général de l’OFII a refusé à Mme D... A..., ressortissante soudanaise enceinte et en situation de grande précarité, le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. La requérante soutenait notamment une erreur manifeste d’appréciation de sa vulnérabilité, liée à sa grossesse et aux violences subies. Le tribunal a jugé que l’OFII avait commis une telle erreur en ne tenant pas suffisamment compte de sa situation, en méconnaissance des articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Avocat : IVANOVIC FAUVEAU
Le Tribunal Administratif de Paris annule la décision du 10 novembre 2025 par laquelle l'OFII a refusé à M. A..., demandeur d'asile malien, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le tribunal juge que ce refus, fondé sur la tardiveté de la demande d'asile, méconnaît les articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il estime que l'OFII n'a pas pris en compte la vulnérabilité particulière du requérant, parent isolé d'un enfant né le 21 octobre 2025, et l'intérêt supérieur de cet enfant. La décision est annulée et il est enjoint à l'OFII de réexaminer la situation de M. A... dans un délai de huit jours.
Avocat : IVANOVIC FAUVEAU
Le Tribunal Administratif de Besançon, saisi par un capitaine d’artillerie en excès de pouvoir contre une décision de suspension conservatoire, se déclare incompétent. Il estime que ce litige, concernant la discipline d’un officier nommé par décret du Président de la République, relève de la compétence en premier et dernier ressort du Conseil d’État en application de l’article R. 311-1 3° du code de justice administrative. Par conséquent, il ordonne la transmission du dossier au Conseil d’État.
Avocat : PADOVANI JEAN-PASCAL
Le Tribunal Administratif de Paris annule la décision du 6 novembre 2025 par laquelle le directeur général de l’OFII a refusé le bénéfice des conditions matérielles d’accueil à Mme A..., agissant pour son fils mineur de trois mois. Le tribunal retient que l’OFII n’a pas pris en compte la vulnérabilité particulière de l’enfant et de sa mère, qui se trouvaient sans hébergement ni ressources, en méconnaissance de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant et des articles L. 551-15 et L. 522-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il enjoint à l’OFII d’accorder ces conditions matérielles d’accueil et de verser rétroactivement les allocations pour demandeur d’asile à compter du 6 novembre 2025, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Avocat : IVANOVIC FAUVEAU
Avocat : DEGIOVANNI
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de Mme N'zi, ressortissante ivoirienne, contestant l'arrêté du préfet de police du 6 novembre 2025 ordonnant son transfert aux autorités italiennes pour l'examen de sa demande d'asile. La requérante invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, un défaut de motivation, et la méconnaissance des articles 4, 5, 23 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens, jugeant que la délégation de signature était régulière, que l'absence de date sur l'arrêté était sans incidence sur sa légalité, et que la décision était suffisamment motivée. En conséquence, le tribunal a rejeté la requête de Mme N'zi.
Avocat : IVANOVIC FAUVEAU
Le Tribunal Administratif de Nancy a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A... contre un arrêté préfectoral du 5 mai 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. La requête, enregistrée le 26 novembre 2025, était tardive car introduite après l'expiration du délai de recours contentieux d'un mois prévu par l'article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a rappelé que l'exercice d'un recours gracieux, effectué le 4 juillet 2025, n'avait pas prorogé ce délai conformément à l'article R. 911-1 du même code. La décision a été prise sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Avocat : PADOVANI JEAN-PASCAL
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant malien. Ce dernier demandait au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, en raison de l'expiration de son dernier document de séjour. Le tribunal a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, faute de décision d'éloignement ou de placement en rétention, et que la suspension de son contrat d'apprentissage ne suffisait pas à justifier une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La requête a été rejetée dans son intégralité.
Avocat : VI VAN
Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C... B... contestant l'arrêté du préfet de l'Essonne ordonnant son transfert aux autorités allemandes pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé, le préfet n'étant pas tenu de détailler la non-application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, confirmant ainsi la légalité de la décision de transfert.
Avocat : FAUVEAU IVANOVIC