Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 134
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2503864
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande d'indemnisation de la société DELVAG Versicherungs AG, agissant pour le compte de son assurée victime de dégradations lors des émeutes de juin 2023. La juridiction a jugé que les conditions légales de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, qui prévoit la responsabilité de l'État pour les dommages causés par des attroupements, n'étaient pas réunies, car les actes délictuels commis ne pouvaient être imputés à un attroupement ou rassemblement précisément identifié. Le recours fondé sur la rupture d'égalité devant les charges publiques a également été écarté.
Avocat : POITOUT AVOCAT
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2601143
Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune des Pavillons-sous-Bois en ordonnant une expertise avant travaux. Le juge a désigné un expert pour constater l'état initial d'un immeuble voisin, susceptible d'être affecté par des travaux de démolition municipaux, et pour éventuellement déterminer les causes de dégradations ultérieures. Cette décision s'appuie sur l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, qui permet ce type de constatations préventives lors de l'exécution de travaux publics.
Avocat : LOIRÉ - HENOCHSBERG
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2601385
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête en référé de Mme A... B... visant à suspendre le rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour et à obtenir un récépissé provisoire. La juridiction a jugé la demande manifestement irrecevable, d'une part, en l'absence de requête au fond distincte et, d'autre part, en raison de la confusion des fondements juridiques (articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de justice administrative) dans une même requête. Le rejet a été prononcé en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2500766
Le Tribunal Administratif de Mayotte, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R.541-1 du code de justice administrative, a été saisi par la SAS Bureau Veritas Construction pour obtenir le paiement d'une facture impayée de 5.380 euros par le département de Mayotte. La créance ayant été réglée en cours d'instance, le tribunal a donné acte du désistement de la société sur ce point. Il a néanmoins condamné le département à verser les intérêts moratoires de droit sur cette somme, calculés selon les articles L.2192-13, R.2192-31 et R.2192-32 du code de la commande publique, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement.
Avocat : GAUDIN JUNQUA-LAMARQUE & CALONI
Tribunal Administratif de Mayotte — N° TA107-2600372
Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, était saisi par la société Polaco Mayotte d'une demande d'annulation du rejet de son offre pour le lot 3 des travaux de réparation du cinéma Alpajoe. En cours d'instance, le département-région de Mayotte a déclaré sans suite la procédure de passation litigieuse par une décision de résiliation du 16 février 2026. Le juge des référés a constaté que cette déclaration sans suite rendait la requête sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2303260
Le Tribunal Administratif de Caen (2ème chambre) a rejeté la requête de la société Anne Fontaine. Celle-ci contestait la décision du préfet du Calvados du 14 juin 2023 retirant partiellement l'indemnisation de l'activité partielle pour ses salariés sur la période de mars à octobre 2020, ainsi que le rejet implicite de son recours hiérarchique. Le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation, la violation du contradictoire et l'erreur de droit, mais les a tous écartés, considérant la décision fondée sur les textes applicables, dont le code du travail et le code des relations entre le public et l'administration. En conséquence, la demande d'annulation et les conclusions accessoires ont été rejetées.
Avocat : CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2400493
Le Tribunal Administratif de Rennes a examiné la demande de Mme A... visant à contester le refus implicite du département d'Ille-et-Vilaine de lui ouvrir des droits au revenu de solidarité active (RSA) à compter d'avril 2023. La requérante soutenait remplir la condition de droit au séjour requise par l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant qu'elle ne justifiait pas d'une détention continue d'un titre de séjour autorisant à travailler depuis au moins cinq ans à la date de sa demande, et que l'interruption constatée entre juillet et décembre 2018 n'était pas imputable à un retard de l'administration.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2602011
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a fait droit à la demande de la Commune de Crémieu visant à désigner un expert pour examiner un bâtiment menaçant ruine situé au 13 Faubourg des Moulins. La solution retenue est la désignation d’un expert avec pour mission de constater l’état du bâtiment, d’évaluer le péril imminent et de proposer des mesures de mise en sécurité. Cette décision est fondée sur les articles L. 511-9 et R. 511-2 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que sur les articles R. 531-1 et R. 556-1 du code de justice administrative. L’expert devra rendre son rapport dans un délai de cinq jours et ses opérations devront se tenir dans les 24 heures suivant sa désignation.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2310400
Le Tribunal Administratif de Lille a statué sur un recours en plein contentieux concernant le refus d'admission à l'aide sociale à l'hébergement (ASH) d'une personne âgée en EHPAD. Le juge unique a annulé la décision implicite de rejet du département du Pas-de-Calais et a réformé la décision initiale, en enjoignant au département d'admettre la résidente au bénéfice de l'ASH à compter de son entrée. La décision s'appuie sur les articles L. 132-1 et L. 132-3 du code de l'action sociale et des familles, en tenant compte de la fixation judiciaire de la participation des obligés alimentaires pour réévaluer le reste à charge.
Avocat : SELARL DECOCQ-BERTOLOTTI-TROUILLER
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2310533
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en premier ressort, rejette la demande de M. A... visant à obtenir la remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) et d'une amende administrative. Le juge constate que l'indu, dû à l'omission de déclarer une résidence à l'étranger et des activités salariées, résulte d'une fausse déclaration caractérisée. En application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, cette qualification frauduleuse exclut légalement toute remise de dette, quelles que soient les circonstances de précarité ou de bonne foi invoquées par le requérant.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2310545
Le Tribunal Administratif de Lille a statué sur un recours en plein contentieux contre une décision de la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais n'accordant qu'une remise partielle d'un indu de prime d'activité. Le juge unique a rejeté la demande des requérants, estimant que leur situation de précarité et leur bonne foi ne justifiaient pas une remise gracieuse totale du solde restant dû. La décision s'appuie sur les articles L. 842-1, L. 842-3, L. 842-4, R. 844-1, R. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui régissent le calcul de la prime d'activité et les conditions de récupération ou de remise d'un paiement indu.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2311020
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B... qui contestait le refus de lui délivrer une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ». La juridiction a jugé que l'intéressé ne remplissait pas les critères légaux, définis par l'arrêté du 3 janvier 2017, caractérisant une réduction importante et durable de la capacité de déplacement à pied. La décision s'appuie sur les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2311146
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de M. C... visant à annuler le refus de délivrance d'une carte mobilité inclusion mention « stationnement » et à en obtenir l'attribution. Le tribunal a jugé que l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH avait correctement évalué que l'état de santé du requérant, bien que nécessitant l'usage d'une canne, ne remplissait pas les critères réglementaires d'une réduction importante et durable de l'autonomie de déplacement. La décision s'appuie sur les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que sur l'arrêté du 3 janvier 2017 définissant les modalités d'appréciation de la mobilité pédestre réduite.
Avocat : AARPI PANTONE AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2404155
Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte mobilité inclusion mention « stationnement ». Le juge a estimé que l'administration avait légalement apprécié que son état de santé, au vu des pièces médicales, ne remplissait pas les critères légaux d'une mobilité pédestre réduite de manière importante et durable. La décision s'appuie sur les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles et sur l'arrêté du 3 janvier 2017 définissant les modalités d'appréciation.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2601358
Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé-suspension, rejette la demande de M. B... visant à suspendre l'exécution de l'arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas caractérisée, car le requérant ne démontre pas d'atteinte grave et immédiate à sa situation, notamment au regard de la viabilité économique de son projet professionnel. La décision est rendue sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Avocat : CABINET CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2601888
Le Tribunal Administratif de Lille a statué sur un recours visant l'enregistrement d'une liste pour des élections municipales. Le tribunal a jugé que la requête avait perdu son objet, car un récépissé définitif avait été délivré avant l'audience, rendant inutile l'annulation de la décision implicite de rejet initialement contestée. La décision s'appuie sur les dispositions du code électoral, notamment ses articles L. 265 et R. 128, qui régissent les délais et les conditions de délivrance des récépissés de candidature.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2600898
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur la demande du préfet du Bas-Rhin, a ordonné l'expulsion de M. E... et Mme F... du logement qu'ils occupent sans titre au sein d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA). La solution retenue est fondée sur les articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative. Le juge a estimé que la condition d'urgence était satisfaite, le maintien des intéressés entravant l'accueil de nouveaux arrivants, et que la demande ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Les moyens tirés de la protection de la vie familiale et de l'intérêt supérieur des enfants n'ont pas été retenus pour faire obstacle à l'expulsion.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2600900
Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté les demandes du préfet du Bas-Rhin visant à ordonner l'expulsion de deux occupantes d'un centre d'accueil et d'examen de la situation (CAES) géré par l'association Coallia. Le juge a estimé que, malgré l'urgence et l'absence de contestation sérieuse sur le droit du préfet, la mesure d'expulsion n'était pas utile en raison de la situation de vulnérabilité particulière des intéressées, liée à leur état de santé et à l'absence de solution d'hébergement alternative. La décision applique les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L. 552-1 et L. 552-15) et du code de justice administrative.
Avocat : KLING
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2602445
Le Tribunal administratif de Lyon, saisi par la Métropole de Lyon en plein contentieux, a fait droit à une demande de désignation d'expert. Le juge a ordonné cette expertise préalable en application de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, afin d'évaluer les dangers présentés par un immeuble et de proposer les mesures de sécurité nécessaires. La mission de l'expert, dont les modalités et le délai de rapport sont fixés par l'ordonnance, consiste à constater l'état des lieux et à déterminer l'existence d'un danger imminent.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407007
**Sujet principal** : La SARL Studio Dealers conteste devant le Tribunal Administratif de Paris des redressements fiscaux (impôt sur les sociétés, TVA, taxes annexes) et des pénalités pour les exercices 2020 et 2021, en soulevant plusieurs moyens de procédure et de fond. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (1re Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que la proposition de rectification était régulière et suffisamment motivée (notamment sur l'absence de factures dans la comptabilité), permettant à l'entreprise de formuler ses observations. Les autres moyens, comme la contestation de la pénalité pour manquement délibéré ou la notification via la plateforme Escale, sont écartés. **Textes appliqués** : L'article L. 57 du Livre des Procédures Fiscales (motivation des propositions de rectification) et les articles 1729 H et 1788 A du Code Général des Impôts (pénalités et amendes).