Jurisprudence administrative
96 978 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
96 978
Décisions totales
384 134
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2510302
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, a fait droit à la demande d’expertise présentée par les consorts C... afin de déterminer les causes des désordres affectant leur propriété (inondations et ravinement) consécutifs à des travaux de voirie réalisés par la commune de Condorcet. Le juge a estimé que cette mesure présentait un caractère utile dans la perspective d’un éventuel litige en responsabilité sans faute contre la commune. Il a désigné un expert avec pour mission de recenser les dégradations, d’identifier les causes des écoulements, d’évaluer les travaux nécessaires et de tenter une conciliation. La demande de la commune tendant au rejet de la requête a été implicitement rejetée.
Avocat : CABINET D'AVOCATS BARD
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2005982
Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné la requête de Monsieur A. B., qui demandait la condamnation du centre hospitalier universitaire d’Angers et de son assureur, ainsi que de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), pour des complications survenues après l’exérèse d’un méningiome. Le requérant invoquait plusieurs fautes, notamment l’absence d’angiographie préopératoire, un défaut de protection vasculaire pendant l’intervention, une absence de surveillance ophtalmologique postopératoire et une prescription inappropriée d’anticoagulant. Le tribunal a rejeté l’intégralité des demandes de Monsieur B., estimant que les fautes alléguées n’étaient pas établies et que les complications relevaient d’un aléa thérapeutique non indemnisable par l’ONIAM. La solution retenue s’appuie sur les principes de la responsabilité pour faute en droit hospitalier et les conditions restrictives de l’indemnisation des accidents médicaux non fautifs.
Avocat : ALEXA
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2110756
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la demande de M. et Mme C... tendant à la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2013 et 2014. Les requérants contestaient la qualification de revenus d'origine indéterminée donnée par l'administration fiscale à des virements provenant de la société NFT Investissement et de leur fils, qu'ils présentaient comme des prêts familiaux. Le tribunal a jugé que, faute pour les contribuables d'avoir répondu à la demande de justifications de l'administration, ils supportaient la charge de la preuve en application des articles L. 69 et L. 193 du livre des procédures fiscales. Il a estimé que les requérants n'établissaient pas le caractère non imposable des sommes, notamment pour les virements de la société NFT Investissement, avec laquelle ils étaient en relation d'affaires via leur fils.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2309680
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme C... qui contestait le refus de remise gracieuse totale d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 7 587,71 euros. La requérante invoquait sa situation financière pour obtenir la décharge du solde de 3 035,08 euros. Le tribunal a estimé que Mme C... ne justifiait pas d’une situation de précarité suffisante à la date du jugement pour compromettre ses capacités de remboursement, et ce malgré une remise partielle déjà accordée de 60 %. La décision s’appuie sur l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, qui subordonne la remise gracieuse à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2601466
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, se prononce sur une demande d'injonction visant à obtenir un récépissé de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate que l'administration a, postérieurement à la requête, délivré une attestation de prolongation d'instruction au demandeur. Il en conclut que la demande est devenue sans objet et qu'il n'y a donc plus lieu de statuer, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2302757
Le Tribunal Administratif d'Orléans a été saisi par une professeure contractuelle contestant une dette de 2 191,83€, majorée de 10%, réclamée par le rectorat pour récupération d'indemnités journalières de sécurité sociale perçues pendant ses congés maladie. Le tribunal s'est déclaré incompétent, estimant que ce litige relève du contentieux général de la sécurité sociale, de la compétence exclusive du juge judiciaire en vertu des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale. Par conséquent, la requête a été rejetée pour incompétence.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2305243
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la demande d'indemnisation de Mme A... contre l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). La requérante invoquait une faute de l'agence liée à un compte informatique frauduleux l'ayant empêchée de déposer à temps une demande de prime MaPrimeRénov'. Le tribunal a constaté qu'une prime de 5 000 € lui avait finalement été accordée, écartant ainsi le préjudice financier, et a jugé qu'elle n'apportait pas la preuve des autres préjudices allégués (troubles dans les conditions d'existence et préjudice moral). La décision s'appuie sur les principes généraux de la responsabilité administrative et les dispositions du code de justice administrative.
Avocat : SELAFA CABINET CASSEL
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2400909
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la demande de décharge d'impôt sur le revenu d'un contribuable concernant la déduction d'une pension alimentaire versée à sa fille majeure pour l'année 2020. Le tribunal a jugé que l'administration fiscale avait correctement refusé la déduction, car le requérant n'avait pas démontré l'état de besoin de sa fille, celle-ci percevant des revenus salariaux supérieurs au SMIC. La décision s'appuie sur les articles 205 à 211 du code civil et l'article 156 du code général des impôts, qui subordonnent la déductibilité fiscale d'une pension à l'état de besoin du bénéficiaire.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2401858
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a statué sur un litige fiscal concernant l'imposition du produit de cessions d'usufruits temporaires de parcelles viticoles réalisées par un exploitant agricole. Le tribunal a rejeté la requête du contribuable, qui contestait la qualification des revenus et le régime d'imposition appliqué par l'administration fiscale. La décision s'appuie principalement sur les dispositions du code général des impôts, notamment en matière de régime réel d'imposition des bénéfices agricoles.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2402695
La société AMS contestait devant le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne la remise en cause par l'administration fiscale de la déductibilité d'indemnités kilométriques et l'application d'une majoration pour retard de déclaration de TVA. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la société n'avait pas apporté la preuve du caractère déductible des indemnités kilométriques versées à ses salariés, comme l'exige l'article 39 du code général des impôts. Concernant la majoration de TVA, le tribunal a jugé que l'administration avait correctement usé de son pouvoir d'appréciation en la maintenant, malgré les difficultés techniques invoquées par la société.
Avocat : SELARL NOMODOS
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2402922
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. et Mme C... visant à obtenir la décharge de cotisations d'impôt sur le revenu et de majorations pour manquement délibéré. Le litige portait sur la déductibilité, au titre des revenus fonciers, de travaux immobiliers réalisés par leur SCI, que l'administration avait requalifiés en travaux de construction ou d'agrandissement non déductibles. Le tribunal a jugé, en application de l'article 31 du code général des impôts, que les travaux litigieux, par leur nature et leur ampleur, ne pouvaient être considérés comme de simples réparations ou améliorations déductibles.
Avocat : FIDAL
Tribunal Administratif de Nancy — N° TA54-2302821
La société Relyens conteste devant le Tribunal Administratif de Nancy un ordre à recouvrer émis par l'ONIAM pour le remboursement d'une indemnisation versée à un patient. Le tribunal rejette la requête principale de la société, confirmant ainsi sa dette de 130 635,54 euros. La décision s'appuie sur l'avis de la CRCI reconnaissant un retard fautif dans la prise en charge et sur les dispositions du code de la santé publique relatives à l'indemnisation des accidents médicaux.
Avocat : GF AVOCATS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2601002
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, rejette la demande de suspension du refus de renouvellement d'un titre de séjour étudiant. Le juge estime que le requérant, malgré des résultats partiels, ne démontre pas une progression effective et significative de ses études après plusieurs réinscriptions, ce qui justifie légalement la décision préfectorale au regard des dispositions de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La demande d'injonction et de délivrance d'un récépissé avec autorisation de travail est également rejetée.
Avocat : DORE
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2303152
Le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de la famille d'une patiente décédée, qui demandait réparation au centre hospitalier de Lannemezan pour des manquements allégués dans sa prise en charge psychiatrique. Le tribunal a jugé incompétent le juge administratif pour connaître des litiges relatifs aux conditions d'isolement, de contention et d'hospitalisation sans consentement, relevant de la compétence judiciaire en vertu de l'article L. 6111-1 du code de la santé publique. Par conséquent, les demandes d'indemnisation fondées sur ces griefs ont été déclarées irrecevables.
Avocat : GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315827
La décision concerne un recours en plein contentieux devant le **Tribunal Administratif de Paris** portant sur la contestation par une SCI de rappels de TVA, de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de pénalités afférentes. Le tribunal a **rejeté la requête** de la société, considérant que les rappels de TVA étaient justifiés par l'absence de preuve de la réalité des prestations de « management fees » facturées par sa société mère, et que les dépenses correspondantes n'étaient pas déductibles pour l'impôt sur les sociétés car elles n'étaient pas exposées dans l'intérêt direct de l'entreprise. Les textes appliqués incluent notamment les articles du **code général des impôts** relatifs à la déductibilité de la TVA (articles 271, 272 et 283) et des charges (article 39), ainsi que les dispositions du **livre des procédures fiscales** concernant la procédure de rectification contradictoire.
Avocat : BOUQUET
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2321083
**Sujet principal** : Recours en plein contentieux fiscal contre des rehaussements d'impôt sur le revenu et des pénalités pour omission de déclaration d'un compte titres détenu à l'étranger (États-Unis) et des plus-values associées pour les années 2013 et 2014. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (2e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a rejeté la requête de Mme A..., confirmant ainsi la régularité des impositions supplémentaires et des pénalités. Il a jugé que le délai de reprise décennal de l'administration (article L. 169 du Livre des Procédures Fiscales) était applicable, et non la prescription triennale ordinaire, en raison du caractère substantiel des avoirs non déclarés à l'étranger. **Textes appliqués** : Le tribunal s'est fondé principalement sur les dispositions de l'article L. 169 du Livre des Procédures Fiscales (délai de reprise décennal pour les avoirs non déclarés à l'étranger) et a examiné l'application de la doctrine administrative (BOI-CF-PGR-10-50).
Avocat : CABINET ROZANT & COHEN (AARPI)
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2401696
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la demande de remise totale d'un indu de revenu de solidarité active (RSA). Le juge a estimé que l'indu, résultant d'omissions de déclaration de ressources par la requérante, ne pouvait faire l'objet d'une remise gracieuse car il procédait d'une fausse déclaration, excluant ainsi le bénéfice de la remise prévue par l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. La situation de précarité alléguée par la requérante ne pouvait donc être retenue pour accorder la remise.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2401890
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la demande de M. B... visant à obtenir la remise totale d'un indu d'aide personnalisée au logement et d'un indu de prime d'activité. Le juge a estimé que la situation de l'intéressé, qui a retrouvé un emploi, ne justifiait pas une remise totale au titre de la précarité, la caisse ayant déjà accordé une remise partielle. La décision s'appuie sur les articles L. 553-2 du code de la sécurité sociale et L. 845-3 du même code, qui régissent les conditions de remise des indus pour ces prestations sociales.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2402919
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la demande d'indemnisation de la société AXA France, subrogée à sa cliente, pour des dommages matériels survenus lors des émeutes de juin 2023. Le juge a estimé que les conditions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure n'étaient pas remplies, car les faits (un vol avec effraction) ne résultaient pas directement d'un attroupement ou rassemblement identifié dans le quartier concerné, mais d'une action délictuelle opportuniste profitant du contexte général. Les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet ont également été écartées, le juge du plein contentieux statuant directement sur le droit à indemnisation.
Avocat : SELARL PHELIP & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2600290
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a ordonné l'expulsion immédiate de la famille G... d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA). Le juge a estimé que le droit au séjour dans le CADA avait pris fin suite au rejet définitif de leur demande d'asile et qu'une situation d'urgence justifiait cette mesure, compte tenu de la tension importante sur les capacités d'hébergement en Seine-Maritime. La décision s'appuie sur les articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, rejetant l'argument d'un droit au maintien lié au recours contre l'obligation de quitter le territoire français.
Avocat : SOUTY