Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2403364
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en juge unique, a rejeté la demande de Mme B... qui contestait le refus du département de la Savoie de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention stationnement. Le juge a rappelé que l’attribution de cette carte est subordonnée à une réduction importante et durable de la capacité de déplacement à pied, notamment un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou le recours systématique à une aide technique ou humaine. En l’espèce, Mme B... n’a pas apporté de justificatifs suffisants pour démontrer que son handicap (tendinopathie) remplissait ces critères fixés par le code de l’action sociale et des familles et l’arrêté du 3 janvier 2017. La solution retenue est le rejet de la requête.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2406257
Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en juge unique, rejette l’opposition formée par M. B... contre une contrainte de France Travail visant à recouvrer un indu d’allocation de solidarité spécifique de 26 142,96 euros pour la période du 1er janvier 2014 au 31 mai 2019. Le requérant ne conteste pas avoir omis de déclarer plusieurs périodes d’emploi, mais estime le montant réclamé injustifié. La décision applique les articles R. 5425-2 à R. 5425-8 du code du travail, relatifs au cumul de l’allocation avec une reprise d’activité professionnelle. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la validité de la contrainte.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2602579
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune de La Tranche-sur-Mer en désignant un expert pour examiner un immeuble présentant un danger potentiel pour la sécurité publique. La juridiction a ordonné cette mesure d'expertise en application de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, selon la procédure de référé prévue par les articles R. 556-1 et R. 531-1 du code de justice administrative. La mission de l'expert consiste à constater l'état du bâtiment, évaluer les risques et proposer les mesures nécessaires pour mettre fin au danger, dans un délai aussi bref que possible.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2402216
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. A... visant à contester un trop-perçu de prime d'activité et le refus de remise gracieuse. Le juge a constaté que l'indu de 2 339,94 € était fondé, résultant d'omissions déclaratives de ressources (pension d'invalidité et indemnités journalières). Concernant la demande de remise gracieuse, le tribunal, statuant en plein contentieux et appliquant l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, a estimé qu'il ne pouvait l'accorder, l'intéressé n'ayant pas justifié de sa situation de précarité malgré une mesure d'instruction.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2500297
Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne rejette la demande de M. A... visant à annuler le refus de remise gracieuse d'un trop-perçu de RSA et de prime d'activité. Le juge constate que le trop-perçu est fondé, résultant de l'omission par le requérant de déclarer une pension alimentaire perçue. En application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le tribunal estime que les conditions de bonne foi ou de précarité nécessaires à une remise gracieuse ne sont pas remplies.
Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — N° TA51-2500779
**Sujet principal** : Demande d'annulation de décisions refusant une remise gracieuse totale d'une dette d'allocation de soutien familial et de RSA, et demande d'effacement de ces dettes. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne (formation de juge unique). **Solution retenue** : Le tribunal se déclare incompétent pour connaître du litige relatif à l'allocation de soutien familial, relevant du juge judiciaire. Les conclusions sur ce point sont rejetées. La requête concernant le RSA reste à examiner sur le fond (la décision ne statue pas sur ce point dans l'extrait fourni). **Textes appliqués** : Articles L. 142-1 du code de la sécurité sociale et L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire pour déterminer la compétence juridictionnelle.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2404796
Le Tribunal Administratif de Lille a annulé un titre exécutoire émis par la région Hauts-de-France contre le département du Nord pour une créance de 1 363 865,24 € relative à des investissements dans des ensembles immobiliers scolaires. La juridiction a retenu que le titre était insuffisamment motivé car il ne mentionnait pas les bases de liquidation de la dette, méconnaissant ainsi l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Le tribunal n'a pas eu à statuer sur le bien-fondé de la créance, l'annulation étant prononcée pour ce vice de forme.
Avocat : CABINET D'AVOCATS BCCL
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2600310
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand, statuant en référé, a fait droit à la demande de la région Auvergne-Rhône-Alpes de désigner un expert pour constater l'état des lieux d'une parcelle avant des travaux publics. Le juge a ordonné cette mesure d'expertise urgente sur le fondement de l'article R. 531-1 du code de justice administrative et de la loi du 29 décembre 1892, afin de permettre la poursuite du projet d'aménagement de la RN 88 malgré le refus des propriétaires de signer la convention d'occupation temporaire.
Avocat : REVOL
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2510747
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. C..., ressortissant camerounais, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou de statuer sur sa demande. Le juge des référés a estimé que les conditions d'urgence et d'utilité n'étaient pas remplies, car M. C... n'avait aucune demande de titre de séjour en cours d'instruction auprès de la préfecture. La décision souligne que le requérant n'a pas démontré avoir complété son dossier malgré les demandes de l'administration, et qu'il ne justifiait pas de circonstances particulières justifiant l'urgence. Les textes appliqués sont l'article L. 521-3 du code de justice administrative et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2600685
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de Mme A..., qui demandait au juge des référés de constater la carence de la préfecture du Bas-Rhin et d’ordonner à l’administration de statuer sur sa demande de naturalisation. La requérante n’a pas précisé le fondement juridique de son recours (référé suspension, liberté, ou mesures utiles), ce qui rend sa demande irrecevable. Par ailleurs, le délai de dix-huit mois prévu à l’article 21-25-1 du code civil pour répondre à une demande de naturalisation n’était pas expiré, et l’administration avait sollicité un complément de dossier, ce qui exclut toute urgence. La requête a donc été rejetée pour défaut d’urgence et absence de conclusions précises.
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2401189
La décision du Tribunal Administratif de Lyon concerne un litige fiscal opposant une SCI à l'administration sur l'application du régime de TVA sur la marge à la revente de terrains issus d'un lotissement. Le tribunal a rejeté la demande principale de la SCI, considérant que les terrains revendus n'avaient pas été acquis en qualité de "terrains à bâtir" au sens du code général des impôts, ce qui exclut l'application du régime favorable de la marge. Les textes appliqués sont principalement les articles 257 et 268 du code général des impôts, ainsi que la directive TVA de 2006.
Avocat : LANGEVIN AVOCATS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410172
**Sujet principal** : La société Blue Jasmine conteste des rappels de TVA émis par l'administration fiscale concernant la revente de terrains à bâtir, pour lesquels elle avait appliqué le régime de la marge. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Lyon (4ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande principale de décharge des rappels de TVA, considérant que les terrains revendus n'étaient pas des "terrains à bâtir" au sens fiscal au moment de leur acquisition par la société, ce qui empêche l'application du régime de la marge. Une partie minime de la demande (360 €) était devenue sans objet suite à un dégrèvement administratif antérieur. **Textes appliqués** : L'article 268 du Code Général des Impôts (régime de la marge pour les terrains à bâtir) et la directive européenne 2006/112/CE relative à la TVA.
Avocat : CABINET OXALYS AVOCATS
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410787
**Sujet principal** : Recours d'un contribuable contre une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu, suite à la reprise partielle d'une réduction d'impôt liée à un investissement outre-mer, après le retrait de l'agrément fiscal de la société émettrice. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (4ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête du contribuable. Il estime que la proposition de rectification était régulière et a interrompu la prescription, et que la reprise de l'avantage fiscal est légale dès lors que le retrait d'agrément, prononcé ultérieurement, produit des effets rétroactifs. **Textes appliqués** : Articles 199 undecies B, 1649 nonies A et 217 undecies du code général des impôts ; articles L. 57 et L. 186 du livre des procédures fiscales.
Avocat : SELARL ALTITUDE
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2322524
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en plein contentieux, rejette la requête de M. B... qui contestait des rehaussements d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2015 et 2016. Le tribunal a estimé que l'administration fiscale n'avait pas méconnu les dispositions de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales en procédant à un examen contradictoire, et que les rehaussements, fondés sur le rejet de la comptabilité de la SARL dont M. B... était gérant et la qualification de revenus réputés distribués, étaient réguliers. Les demandes de décharge fiscale et de condamnation de l'État aux dépens sont donc rejetées.
Avocat : CABINET GUELOT & BARANEZ AVOCATS ASSOCIES (AARPI)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402993
La société Wanderlust conteste devant le **Tribunal administratif de Paris** diverses impositions supplémentaires (impôt sur les sociétés, CVAE, TVA, etc.) suite à une vérification de comptabilité. Le tribunal rejette sa requête, considérant que certaines de ses conclusions sont irrecevables car elles portent sur des impositions non visées dans sa réclamation préalable à l'administration, en application des articles R. 190-1, R. 199-1 et R. 200-2 du livre des procédures fiscales. Les moyens au fond invoqués par la société, notamment sur la régularité de la procédure et la sincérité de sa comptabilité, ne sont pas examinés en raison de cette irrecevabilité partielle.
Avocat : GERBET
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2313868
Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B... A... qui demandait réparation pour un préjudice moral lié à une interdiction de visite présumée lors de l'hospitalisation de sa mère. La juridiction a estimé que la requérante n'apportait pas la preuve que des restrictions de visite lui avaient été effectivement opposées, ainsi qu'à son père et son frère, entre le 23 et le 28 janvier 2022. Par conséquent, elle n'a pas démontré l'existence d'une faute du Grand Hôpital de l'Est Francilien de nature à engager sa responsabilité.
Avocat : FABRE & ASSOCIEES, SOCIETE D'AVOCATS
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2503064
Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Cette mesure, sollicitée par une patiente, vise à éclairer les conditions de sa prise en charge hospitalière et à chiffrer ses préjudices en vue d'un futur recours indemnitaire. La juridiction a jugé cette expertise utile, tout en rejetant la demande de mise hors de cause de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), considérant que sa participation n'était pas manifestement inutile.
Avocat : SCP DICE AVOCATS
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2307952
Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la demande d'indemnisation de M. A..., un agent de la commune de Dugny. Concernant le harcèlement moral allégué, le tribunal a jugé que l'agent n'avait pas apporté d'éléments suffisants pour établir la réalité des faits. Concernant l'absence d'évaluation professionnelle depuis 2013, le tribunal a déclaré cette demande irrecevable, car ce grief n'avait pas été soulevé dans la demande préalable adressée à la commune, en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Avocat : YACOUB
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2105883
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation par une société pour préjudices (perte de chiffre d'affaires et troubles dans les conditions d'existence) causés par des travaux publics réalisés par la RATP. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (7ème Chambre). **Solution retenue** : 1. La demande d'indemnisation liée à la coupure d'électricité du 17 novembre 2015 est **rejetée** car l'action est **prescrite** (délai quinquennal expiré le 17 novembre 2020, avant la demande du 29 décembre 2020). 2. Concernant les troubles liés aux dégradations des locaux, le tribunal **reconnaît le principe de la responsabilité sans faute** de la RATP en tant que maître d'ouvrage, sur le fondement de la responsabilité du fait des ouvrages publics. La victime n'a pas à prouver un préjudice grave et spécial lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence ou au fonctionnement normal de l'ouvrage. **Textes appliqués** : Article 2224 du code civil (prescription quinquennale) et jurisprudence sur la responsabilité sans faute du maître d'ouvrage d'un ouvrage public.
Avocat : RIBIERE
Conseil d'État — N° 511999
Avocat : VERDIER