Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de la Guyane — N° TA106-2400122
Le Tribunal Administratif de la Guyane annule le titre de perception émis le 17 février 2023 par lequel une somme de 5 147,35 euros était réclamée à Mme C... au titre d’un trop-perçu de rémunération. Le tribunal retient un vice de forme, fondé sur l’article L. 212-1 du code des relations entre le public et l’administration, en raison d’une discordance entre le nom de l’auteur mentionné sur le titre et celui figurant sur l’état récapitulatif signé. Cette annulation pour motif de régularité en la forme n’emporte pas extinction de la créance, mais le tribunal rejette les conclusions à fin de décharge, faute pour la requérante d’avoir soulevé de moyen mettant en cause le bien-fondé de la créance.
Avocat : SELARL MDMH
Tribunal Administratif de la Guyane — N° TA106-2400182
Le Tribunal Administratif de la Guyane rejette la requête de M. B..., attaché principal, qui contestait des saisies sur son traitement à compter d'octobre 2023. Le tribunal estime que ces retenues correspondent en réalité au versement d'un demi-traitement, conformément à un arrêté du 6 novembre 2023 le plaçant en disponibilité d'office. Les conclusions du requérant, qui doivent être regardées comme tendant à l'annulation de cet arrêté, sont irrecevables car introduites après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La demande de restitution des sommes et les frais de justice sont également rejetés.
Avocat : PAGE JULIE
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2303340
Le Tribunal administratif de Poitiers rejette l'opposition à contrainte formée par M. B... contre un indu d'allocation de logement sociale de 407 euros pour la période de janvier à avril 2022. Le requérant n'ayant pas exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation contre la décision initiale de l'organisme payeur, il n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu dans le cadre de l'opposition à contrainte. La contrainte, délivrée par la caisse d'allocations familiales de la Charente-Maritime sur le fondement de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale, est donc maintenue.
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2400687
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de Mme A... qui sollicitait la remise totale d’un trop-perçu de prime d’activité de 177,28 euros, après une remise partielle déjà accordée par la CAF de la Vienne. Le juge a estimé que, bien que la bonne foi de la requérante ne soit pas contestée, sa situation de précarité n’était pas suffisamment établie pour justifier une remise supplémentaire. La décision s’appuie sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui subordonne la remise gracieuse à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.
Avocat : SCP BCJ
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2307953
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise (5ème Chambre) a rejeté la demande de la SARL TR Leader Group, qui sollicitait la restitution de cotisations d'impôt sur les sociétés pour les exercices 2016 à 2018. La société invoquait plusieurs irrégularités de procédure et contestait la méthodologie de l'administration fiscale concernant la valorisation et l'amortissement de biens immobiliers. Le tribunal a écarté le moyen tiré d'un manquement à la loyauté, estimant que les mentions d'une proposition de transaction dans des documents internes n'avaient pas induit la société en erreur. La solution retenue est le rejet de la requête, fondée sur le code général des impôts et le livre des procédures fiscales.
Avocat : COHEN
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2308638
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la demande de la SAS Diabolocom, qui sollicitait la restitution de cotisations d'impôt sur les sociétés pour les exercices 2019 et 2020, en application du régime d'imposition séparée au taux réduit de 10% prévu à l'article 238 du code général des impôts. La société contestait le refus de l'administration fiscale d'accepter sa demande de régularisation de l'option fiscale, estimant remplir les conditions pour bénéficier de ce régime concernant la concession de son logiciel. Le tribunal a jugé que la société n'avait pas valablement exercé l'option dans les délais et formes requis par la loi de finances pour 2019, et que les conditions de fond n'étaient pas remplies. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris les conclusions relatives aux intérêts moratoires et aux frais de justice.
Avocat : CABINET BEYLOUNI CARBASSE GUÉNY VALOT VERNET
Tribunal Administratif de la Guadeloupe — N° TA105-2301578
Le Tribunal Administratif de la Guadeloupe a été saisi par Mme B... d'une demande de décharge d'impôts sur le revenu pour les années 2017 à 2019. L'administration fiscale a prononcé un dégrèvement intégral de 279 595 euros, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. En l'absence de confirmation de maintien de ses conclusions par la requérante, malgré une demande en ce sens, le tribunal a constaté son désistement présumé en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. Le surplus des conclusions, notamment celles relatives aux frais, a été rejeté comme irrecevable.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2209693
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi par la société Viriot Hautbout d’un litige l’opposant au département des Bouches-du-Rhône concernant le solde d’un marché public de travaux. La société demandait, à titre principal, l’homologation d’un accord transactionnel et, à défaut, la condamnation du département à lui verser diverses sommes au titre de travaux supplémentaires, de révisions de prix et de retenues contestées, ainsi que des intérêts moratoires. Le tribunal a rejeté l’existence d’un accord valide et a limité l’indemnisation de la société aux seuls travaux qu’elle avait personnellement exécutés, soit 1 163,76 euros HT, et à une partie de la révision des prix, soit 352,26 euros HT. Il a jugé que les retenues pour gardiennage, nettoyage et reprises étaient justifiées par la défaillance de la société et a rejeté les demandes relatives à la saisie administrative et aux intérêts moratoires sur la retenue de garantie, en application des stipulations du CCAG Travaux.
Avocat : URIEN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2209873
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de la société Anse de la Réserve, qui demandait l'indemnisation de préjudices liés à l'exécution d'un contrat de délégation de service public pour la gestion du Vieux-Port de Marseille. La société invoquait des investissements imprévus sur le fondement de l'article 41 du contrat et un bouleversement de l'équilibre économique dû à la crise du Covid-19. Le tribunal a jugé la requête irrecevable, faute de demande indemnitaire préalable conforme, et a également estimé que les demandes n'étaient pas fondées sur le fond. La décision s'appuie sur les articles R. 421-1 du code de justice administrative et les clauses du contrat de délégation.
Avocat : CABANES
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2404151
Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par M. B... d'une demande d'indemnisation pour le préjudice subi suite à l'illégalité de l'arrêté du 25 janvier 2022 du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement de son titre de séjour. Le tribunal a jugé que cette illégalité, déjà constatée par un précédent jugement, constituait une faute de nature à engager la responsabilité de l'État, sans que le requérant ait commis de faute exonératoire. Il a reconnu un préjudice direct et certain lié à la perte de l'allocation adulte handicapé (AAH) pour la période du 25 janvier au 28 octobre 2022, évalué à 7 213,44 euros. La décision s'appuie sur l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et le code de justice administrative.
Avocat : SCP BOURGLAN DAMAMME LEONHARDT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600407
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. B..., ressortissant tunisien, afin d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de le convoquer pour lui remettre les documents nécessaires à l'instruction de sa demande de titre de séjour pour raisons médicales. Le juge a fait droit à la demande, considérant que l'absence prolongée de convocation, malgré les relances, caractérisait une situation d'urgence et une carence administrative faisant obstacle à l'instruction de la demande, et que la mesure sollicitée était utile. La solution retenue s'appuie sur les articles R. 425-9, R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'arrêté du 27 décembre 2016.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600579
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer Mme B... et de lui remettre son titre de séjour déjà fabriqué, dans un délai de dix jours. La requérante, ressortissante sénégalaise, justifiait d'une urgence caractérisée par le risque de perte de son emploi, son employeur exigeant la production du titre. Le juge a également assorti cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour et condamné l'État à verser 1 000 euros à Mme B... au titre des frais de justice.
Avocat : DIALLO
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600603
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par un ressortissant algérien demandant au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour étudiant. En cours d’instance, le préfet a produit une capture d’écran démontrant qu’une telle attestation avait été mise à disposition du requérant le 20 janvier 2026. Constatant que la demande était ainsi devenue sans objet, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer par ordonnance du 29 janvier 2026.
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2504508
Le Tribunal administratif de Dijon, statuant en référé, a ordonné une expertise médicale à la demande des consorts J... afin de déterminer les causes du décès de M. E... J..., survenu le 17 septembre 2025. La mesure, fondée sur l'article R. 532-1 du code de justice administrative, vise à établir les conditions de sa prise en charge par les centres hospitaliers universitaires de Besançon et de Dijon, l'hôpital privé Dijon Bourgogne, et l'administration pénitentiaire. Le juge a rejeté la demande de mise hors de cause du garde des sceaux, ministre de la justice, et a étendu la mission de l'expert aux établissements de santé concernés. Aucune responsabilité n'est préjugée à ce stade de la procédure.
Avocat : SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2402045
Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de Mme A..., agent hospitalier suspendue pour non-respect de l'obligation vaccinale contre la Covid-19, qui demandait la condamnation de l'Hôpital Nord Franche-Comté à lui verser 216 539 euros pour divers préjudices. Le tribunal a jugé que la suspension temporaire, fondée sur la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale au regard de l'objectif de santé publique. Il a également estimé que les fautes alléguées (discrimination, mauvaise foi, défaut de reclassement) n'étaient pas établies et que la responsabilité sans faute n'était pas engagée. En conséquence, la demande indemnitaire a été rejetée, de même que les conclusions accessoires.
Avocat : AARPI LANDBECK ET BOCHER-ALLANET
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2600121
Le Tribunal administratif de Besançon, statuant en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B... tendant à la suspension des décisions du préfet du Jura du 9 décembre 2025 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, les conséquences invoquées par le requérant (interruption de sa formation, perte de ressources et de logement) ne présentant pas un caractère suffisamment immédiat et grave au regard de l'intérêt public s'attachant à l'exécution des mesures d'éloignement. Aucun des moyens soulevés, tirés notamment de la méconnaissance des articles L. 423-22 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), n'a été jugé de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées.
Avocat : DRAVIGNY
Tribunal Administratif de Toulouse — N° TA31-2304327
Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par M. B..., venant aux droits de son épouse décédée, d’une requête en plein contentieux visant à obtenir la communication de documents administratifs relatifs à la carrière de cette dernière (CREP, fiches de proposition, dossier RAEP, etc.) et à demander réparation des préjudices subis. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction, l’administration ayant communiqué la plupart des documents en cours d’instance, à l’exception de l’historique « PROGRESSIO », dont l’extraction s’est avérée matériellement impossible. Les conclusions indemnitaires ont été rejetées comme irrecevables, faute de demande préalable auprès de l’administration. La décision s’appuie sur le code des relations entre le public et l’administration et le code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2305633
Le Tribunal Administratif de Montpellier était saisi par Mme A... d'une opposition à une contrainte émise par la CAF des Pyrénées-Orientales pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité et d'allocation de logement sociale. Le tribunal a retenu son incompétence pour connaître du litige relatif à l'indu d'allocation de logement sociale, estimant que les décisions prises avant le 1er janvier 2020 en la matière relèvent du contentieux général de la sécurité sociale, donc du juge judiciaire, en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale et de l'article 23 de l'ordonnance du 17 juillet 2019.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2305635
Le Tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 1 414,14 euros. La requérante invoquait sa situation de mère isolée sans emploi et sa bonne foi. Le tribunal a estimé que les déclarations erronées de ressources ne permettaient pas de retenir sa bonne foi et que les éléments de précarité produits, non actualisés, n’établissaient pas son incapacité à rembourser la dette, y compris de manière échelonnée. La décision s’appuie sur l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui conditionne la remise à la bonne foi ou à la précarité du débiteur.
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2305957
Le Tribunal Administratif de Montpellier était saisi par M. B... d'une opposition à une contrainte émise par la CAF des Bouches-du-Rhône pour le recouvrement d'un indu total de 15 101,50 euros (prime d'activité, allocation de logement sociale et prestations familiales). Le tribunal s'est déclaré incompétent pour connaître de l'indu de prestations familiales, renvoyant ce litige au pôle social du tribunal judiciaire en application des articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale. Concernant les indus de prime d'activité et d'allocation de logement sociale, le tribunal a rappelé que l'opposition à contrainte est recevable sans recours administratif préalable, mais que la contestation du bien-fondé de ces indus est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours amiable, conformément aux articles L. 845-2 du code de la sécurité sociale et L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.