Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600556
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a été saisi par la commune de Labécède-Lauragais sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. La commune demandait la désignation d'un expert pour constater l'état d'un immeuble présentant un risque pour la sécurité des occupants et du public. Le juge des référés a fait droit à cette demande en désignant un expert avec pour mission de se rendre sur les lieux, de constater l'état du bâtiment, de déterminer s'il existe un péril grave et imminent, et de proposer des mesures pour y remédier. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation et R. 556-1 du code de justice administrative.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2509872
Voici le résumé de la décision : Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. et Mme G... tendant à la désignation d'un collège d'experts pour une contre-expertise médicale. Le tribunal a estimé que la mesure sollicitée était dépourvue d'utilité, une expertise contradictoire ayant déjà été réalisée par la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) Rhône-Alpes le 26 août 2022. Il a jugé que la contestation du rapport d'expertise existant relevait du seul juge du fond, et non du juge des référés.
Avocat : SOCIETE UGGC AVOCATS
Tribunal Administratif de La Réunion — N° TA101-2401251
Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de M. C..., qui demandait la condamnation de la CAF à lui verser 4 222,61 euros au titre du RSA pour 2011-2012. Le juge a constaté que les décisions de refus de la CAF et du département étaient devenues définitives, car plus d’un an s’était écoulé entre l’arrêt de la cour d’appel de Saint-Denis (déclinant sa compétence) et la demande d’aide juridictionnelle de l’intéressé. La requête a donc été jugée irrecevable pour tardiveté, sans examen du fond.
Avocat : LOMARI LAURA-EVA
Tribunal Administratif de La Réunion — N° TA101-2401320
Le Tribunal Administratif de La Réunion a accordé à M. et Mme C... la décharge de l’obligation de payer un indu de prime d’activité de 8 616,50 euros, réclamé par la CAF pour la période de novembre 2018 à août 2021. Saisi en plein contentieux, le tribunal a jugé que la CAF n’avait pas suffisamment justifié le calcul de l’indu, notamment en ne détaillant pas l’incidence des rectifications de ressources mois par mois, malgré une mesure d’instruction. La solution retenue se fonde sur les articles L. 842-3 et L. 842-4 du code de la sécurité sociale.
Tribunal Administratif de La Réunion — N° TA101-2500780
Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête de Mme B... contestant la remise partielle de dette de RSA accordée par la CAF. La requérante sollicitait une remise gracieuse plus importante pour un indu de 529,65 euros, invoquant le caractère involontaire de l'erreur déclarative et son incapacité à rembourser. Le juge a estimé que la CAF n'avait pas inexactement apprécié sa situation en limitant la remise à 75 % du montant, compte tenu de l'origine de l'indu et des difficultés financières. La décision s'appuie sur le code de l'action sociale et des familles et le code de justice administrative.
Tribunal Administratif de La Réunion — N° TA101-2501191
Le Tribunal Administratif de La Réunion rejette la requête de M. B... contestant la décision de la CAF de La Réunion du 21 mai 2025 confirmant la « fin de conservation » de son allocation de logement pour non-décence du logement. Le tribunal écarte le moyen de vice de forme comme manquant en fait. Il juge que la décision est fondée sur l'article L. 843-3 du code de la construction et de l'habitation, qui prévoit la déchéance définitive de l'allocation en cas de persistance de la non-décence à l'issue du délai imparti au propriétaire. Les démarches du requérant auprès du bailleur sont sans incidence sur l'application de ces dispositions, et le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
Avocat : AMIGUES-OLIVIER
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500314
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a rejeté la demande de Mme B... tendant à être déchargée du paiement du forfait fiscal des très petites entreprises (TPE) d’un montant de 25 000 F CFP pour l’année 2025. La requérante, qui exerçait une activité de coach en développement personnel, avait déclaré la cessation de son activité le 4 mars 2025, mais le tribunal a jugé qu’elle restait redevable de l’impôt forfaitaire annuel pour l’année entière en application de l’article LP. 368-3 du code des impôts de la Polynésie française. Le moyen tiré d’une erreur du site internet de l’administration fiscale a été écarté comme insuffisamment étayé.
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500258
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française était saisi par M. A... d’un recours en plein contentieux contre le rejet de sa demande d’indemnisation par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN). Le requérant, atteint d’un cancer du poumon, contestait l’appréciation du CIVEN et sollicitait une expertise ainsi qu’une provision. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que le CIVEN avait correctement appliqué la présomption de causalité prévue par la loi du 5 janvier 2010 modifiée, et que l’administration avait renversé cette présomption en démontrant que la dose annuelle reçue par M. A... était inférieure à la limite de 1 millisievert.
Avocat : FIDELE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500270
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a été saisi par Mme A..., en qualité d'ayant-droit de M. B... A..., d'une demande d'indemnisation pour le cancer de l'estomac de ce dernier, qu'elle attribue aux essais nucléaires. Le tribunal a appliqué le régime de présomption de causalité prévu par la loi du 5 janvier 2010 modifiée, rappelant que cette présomption ne peut être renversée que si l'administration prouve que la dose annuelle reçue était inférieure à 1 mSv. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais le tribunal a examiné les conditions de temps, de lieu et de pathologie ainsi que la charge de la preuve incombant au CIVEN. Les textes appliqués incluent la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 et ses modifications ultérieures, ainsi que le code de la santé publique.
Avocat : SEP USANG CERAN-JERUSALEMY
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500277
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de Mme A... qui contestait le refus du CIVEN de l'indemniser pour un cancer de la thyroïde qu'elle attribuait aux essais nucléaires. La requérante soutenait avoir été exposée aux retombées radioactives en raison de sa résidence à Rimatara et Papeari pendant les campagnes de tirs. Le tribunal a appliqué le régime de présomption de causalité prévu par la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018. La solution retenue est le rejet de la demande d'indemnisation et des conclusions accessoires.
Avocat : TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500287
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a été saisi par Mme B..., en qualité d'ayant-droit de sa mère décédée d'un cancer de la vessie, d'une demande d'indemnisation pour exposition aux essais nucléaires. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la requérante ne démontrait pas que sa mère avait été exposée à des doses de rayonnements ionisants supérieures au seuil de 1 mSv par an, condition nécessaire pour bénéficier de la présomption de causalité prévue par la loi du 5 janvier 2010 modifiée. La décision s'appuie sur les dispositions des lois n° 2010-2 du 5 janvier 2010 et n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 relatives à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français.
Avocat : TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500310
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a été saisi par la Polynésie française d’une action en contravention de grande voirie à l’encontre de Mme B..., en raison de l’implantation irrégulière d’aménagements (terrasse couverte, abri) sur le domaine public maritime. La requérante demandait la condamnation de la contrevenante à une amende, à la remise en état des lieux sous astreinte, et au paiement de dommages et intérêts. Mme B... a reconnu les faits mais a sollicité un sursis à statuer dans l’attente d’une régularisation administrative, arguant d’une remise en état partielle. Le tribunal a retenu la matérialité de la contravention, constatant que les installations étaient maintenues sans droit ni titre sur le domaine public, en violation des dispositions de la délibération n°2004-34 du 12 février 2004 portant composition et administration du domaine public en Polynésie française.
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500312
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a été saisi par la Polynésie française d’une contravention de grande voirie à l’encontre de la société Financière Dam’s et de son gérant, M. B..., pour avoir réalisé des constructions et un remblai sans autorisation sur le domaine public maritime à Moorea. Le tribunal a jugé que les faits constituaient une infraction au sens de la délibération n° 2004-34 APF du 12 février 2004, relative à la protection du domaine public. Il a condamné les contrevenants à une amende, à la réparation du dommage, et à la remise en état des lieux sous astreinte, tout en leur accordant un délai pour régulariser leur situation. La solution retenue repose sur les articles 2, 6 et 27 de la délibération précitée, ainsi que sur les dispositions du code pénal applicables aux contraventions de cinquième classe.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2402077
Le Tribunal Administratif de Marseille a examiné les requêtes de la SAS Vinci Immobilier contestant trois titres de perception émis par l’Association Syndicale Autorisée (ASA) du canal de Gap pour des redevances syndicales. La société soutenait que la débitrice était l’Association Syndicale Libre (ASL) du domaine du Lac, non dissoute, et qu’elle n’avait pas adhéré à l’ASA. Le tribunal a rejeté ces arguments, retenant que la SAS Vinci Immobilier était propriétaire des parcelles concernées et, à ce titre, membre de droit de l’ASA, seule redevable des redevances. La solution s’appuie sur les règles de la propriété et du statut des associations syndicales, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la dissolution de l’ASL.
Avocat : SELARL ISEE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600301
Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par le préfet des Bouches-du-Rhône d’une demande d’expulsion d’une demandeuse d’asile d’un centre d’accueil, sur le fondement des articles L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et L. 521-3 du code de justice administrative. Le préfet s’est désisté purement et simplement de sa requête. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et a ordonné la clôture de la procédure. Aucune mesure d’expulsion n’a donc été prononcée.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600403
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer M. A..., ressortissant guinéen, pour enregistrer sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle et lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. La solution retenue se fonde sur les articles R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'arrêté du 1er août 2023, qui imposent à l'administration de prévoir une solution de substitution en cas d'impossibilité d'utiliser le téléservice ANEF. Le juge a reconnu l'urgence et l'utilité de la mesure, face à un blocage technique persistant empêchant le dépôt en ligne et menaçant le droit au séjour et au travail du requérant.
Avocat : SCP BOURGLAN DAMAMME LEONHARDT
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2400119
Le Tribunal administratif de Dijon rejette la demande de Mme A..., aide-soignante suspendue pour non-respect de l'obligation vaccinale contre la covid-19, qui sollicitait la condamnation du centre hospitalier « Les Marronniers » à lui verser 54 907 euros en réparation de ses préjudices. Le tribunal juge que la suspension, fondée sur l'article 14 de la loi du 5 août 2021, n'est pas une sanction déguisée mais une simple mesure de constatation du défaut de condition légale pour exercer, sans intention répressive. Il écarte également le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983, la procédure spécifique de la loi sanitaire s'appliquant. En conséquence, aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'établissement n'est établie.
Avocat : BENAGES THOMAS
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2400411
Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la demande de Mme C..., assistante médico-administrative, qui sollicitait la condamnation du centre hospitalier de Decize pour les préjudices résultant de sa suspension de fonctions pour défaut de vaccination contre la Covid-19. Le tribunal a jugé que la procédure prévue à l'article 1er de la loi du 5 août 2021 est sans incidence sur la légalité de la décision de suspension. Il a également estimé que la suspension, fondée sur l'article 14 de cette même loi, ne constitue pas une sanction déguisée, une discrimination ou une violation des stipulations de la convention européenne des droits de l'homme. Par conséquent, aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'établissement n'a été retenue.
Avocat : CENTAURE AVOCATS
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2402058
Le Tribunal Administratif de Dijon, statuant en plein contentieux, a examiné la demande de la société Empire et de son assureur, la société Helvetia assurances, visant à engager la responsabilité de Voies Navigables de France (VNF) pour un incident survenu le 23 février 2022 dans l’écluse de Saint-Martin. Les requérants soutenaient qu’un défaut d’entretien normal de l’ouvrage public, matérialisé par la présence d’une aiguille de barrage dans le sas, avait endommagé le bateau le Kaporal. Le tribunal a retenu que la preuve du lien de causalité entre le dommage et l’ouvrage était rapportée, mais a rejeté les conclusions indemnitaires en estimant que VNF démontrait l’entretien normal de l’écluse et que la capitaine du navire avait commis une faute exonérant l’établissement public de sa responsabilité. La décision s’appuie sur les articles L. 4311-1 du code des transports et les principes de responsabilité pour défaut d’entretien normal des ouvrages publics.
Avocat : CVS LYON
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2302939
Le Tribunal administratif de Dijon, saisi par Mme E... d’une demande indemnitaire et d’injonction contre le département de la Côte-d’Or suite à l’effondrement partiel du mur d’enceinte de sa propriété longeant la route départementale RD 114 L, a ordonné une expertise avant-dire droit. Le tribunal a estimé que les pièces du dossier ne permettaient pas de déterminer les causes et origines des désordres, ni si le mur constituait un accessoire de l’ouvrage public routier. Il a sursis à statuer sur l’ensemble des conclusions des parties, en application de l’article R. 621-1 du code de justice administrative.
Avocat : SELARL PHELIP & ASSOCIES