Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2402975
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, rejette la demande de provision de M. A..., un ressortissant afghan. Ce dernier sollicitait le versement rétroactif de l'allocation de demandeur d'asile pour la période de juin à novembre 2023, suite à une suspension qu'il estimait injustifiée. Le juge estime que la créance n'est pas non sérieusement contestable, car une décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) avait légalement suspendu ses conditions matérielles d'accueil. La requête est donc intégralement rejetée, y compris les demandes de frais de justice.
Avocat : ALMAIRAC
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2407192
Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, rejette la demande de provision de Mme A... qui sollicitait le versement rétroactif d'un différentiel d'allocation pour demandeur d'asile. La requérante soutenait avoir perçu un montant journalier inférieur à celui auquel elle avait droit. Le tribunal estime que la créance n'est pas sérieusement contestable, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant déjà accordé un versement exceptionnel à la suite de sa demande, lui donnant ainsi satisfaction.
Avocat : ALMAIRAC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2515772
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme A..., agent victime d’un accident de service reconnu imputable le 13 juillet 2020. Le juge a estimé que cette mesure était utile pour évaluer les préjudices subis en vue d’un éventuel recours indemnitaire contre l’Assistance publique – hôpitaux de Marseille (AP-HM). Il a désigné un collège d’experts (chirurgien orthopédique et psychiatre) avec une mission détaillée, tout en rejetant les conclusions relatives aux frais d’expertise et à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, l’AP-HM n’étant pas la partie perdante.
Avocat : SELARL WALGENWITZ AVOCATS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2600228
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé, a été saisi par la commune de Marseille d’une demande d’expertise sur le fondement des articles R. 532-1 et R. 532-1-1 du code de justice administrative, afin de constater l’état des immeubles avoisinant les travaux de réhabilitation du stade Gherzo. La juridiction a fait droit à cette demande, considérant l’expertise utile pour prévenir d’éventuels dommages liés aux travaux publics. En revanche, les conclusions accessoires de M. et Mme G... tendant à l’annulation du permis de construire ont été rejetées comme irrelevantes de la compétence du juge des référés.
Avocat : SCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2508634
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en urgence dans le cadre d’un recours de plein contentieux, a été saisi par Mme B... pour obtenir l’exécution d’une décision de la commission de médiation de la Gironde du 11 septembre 2025, qui l’avait reconnue prioritaire pour un hébergement d’urgence. Constatant qu’aucune offre d’hébergement ne lui avait été proposée dans le délai légal de six semaines, le tribunal a fait application des articles L. 441-2-3-1 et R. 441-18 du code de la construction et de l’habitation. Il a enjoint au préfet de la Gironde de proposer à Mme B... une place en centre d’hébergement d’urgence au plus tard le 15 février 2026.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2204375
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande de M. B... tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour l'année 2018. Ces impositions résultaient de la réintégration dans ses bases imposables d'une somme de 16 800 euros, correspondant à des loyers payés par sa société et inscrits au crédit de son compte courant d'associé. Le tribunal a accepté la substitution de base légale demandée par l'administration, fondant désormais l'imposition sur le 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, qui considère comme revenus distribués les sommes mises à la disposition des associés. Il a jugé que M. B... n'apportait pas la preuve, qui lui incombait, qu'il n'avait pas eu la disposition de ces sommes ou qu'elles ne constituaient pas un revenu.
Avocat : SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2208146
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. et Mme B... demandant la décharge d'une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de 2014. Cette imposition résultait de la requalification en distribution occulte de bénéfices d'une vente immobilière réalisée à un prix minoré par la société Courchevel Aspen Lodge, dont M. B... était associé. Le tribunal a jugé que l'administration avait établi l'existence d'un écart significatif entre le prix convenu et la valeur vénale du bien, et que, compte tenu des relations d'intérêts entre les parties, l'intention libérale était présumée. La décision s'appuie sur les articles 109, 111-c et 158 du code général des impôts, ainsi que sur l'article 1729 pour la majoration pour manquement délibéré.
Avocat : DGM ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2600781
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a fait droit à la demande de la commune d'Allevard-Les-Bains. Celle-ci sollicitait la désignation d'un expert pour examiner un bâtiment menaçant ruine. Sur le fondement des articles L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation et R. 531-1 du code de justice administrative, le juge a désigné un expert. Sa mission consiste à constater les désordres, évaluer le péril imminent et proposer des mesures de sauvegarde.
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2313596
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. A..., reconnu prioritaire par la commission de médiation le 3 avril 2019 pour un relogement urgent, mais non relogé. Le tribunal a jugé que la carence fautive de l'État engage sa responsabilité pour les troubles dans les conditions d'existence subis, en application des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. La solution retenue distingue deux périodes : jusqu'au 1er février 2021, le maintien dans un logement suroccupé ouvre droit à réparation ; à compter de cette date, le logement de 110 m² avec un loyer de 1 400 euros est jugé manifestement disproportionné, ce qui ne permet pas de caractériser un préjudice indemnisable.
Avocat : CAILLET
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2500178
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à indemniser Mme A... pour le préjudice résultant de l’absence de relogement, malgré une décision de la commission de médiation du 5 février 2020 la reconnaissant comme prioritaire et une ordonnance du 5 février 2021 enjoignant au préfet des Hauts-de-Seine de la reloger sous astreinte. La requérante, hébergée chez sa fille dans un logement inadapté, justifiait ses refus de propositions de logement par des motifs légitimes liés à son état de santé. La solution retenue engage la responsabilité pour faute de l’État sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation.
Avocat : LECOUR
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2506534
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à indemniser M. B... pour la carence fautive à exécuter la décision de la commission de médiation du 13 décembre 2023 le reconnaissant prioritaire pour un logement d’urgence. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, en raison de l’absence de proposition de logement durant la période du 14 juin 2024 au 21 août 2025. Le tribunal a retenu que M. B... et sa famille de cinq personnes vivaient dans un logement sur-occupé de 37 m², causant des troubles dans leurs conditions d’existence. L’indemnisation a été fixée à 8 000 euros, incluant les intérêts au taux légal capitalisés.
Avocat : CAILLET ANNE
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2510079
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à indemniser Mme B... pour la carence fautive de l’administration à exécuter la décision de la commission de médiation du 27 septembre 2023 la reconnaissant prioritaire pour un logement d’urgence, ainsi que l’ordonnance du 16 juillet 2024 enjoignant son relogement sous astreinte. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, en raison des troubles dans les conditions d’existence subis par la requérante, vivant avec son époux et trois enfants dans un logement de 25 m² insalubre. Le tribunal a rejeté les conclusions indemnitaires présentées au nom des autres membres du foyer, mais a tenu compte de cette situation familiale pour évaluer le préjudice de Mme B..., lui allouant une somme de 3 000 euros.
Avocat : HUBERT
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2510665
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par Mme A... d'une demande d'indemnisation pour l'absence de relogement suite à sa reconnaissance comme prioritaire par la commission de médiation le 9 février 2022, et malgré une ordonnance d'injonction du 21 février 2023. La carence fautive de l'État à exécuter cette décision engage sa responsabilité sur le fondement des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a jugé que les troubles dans les conditions d'existence subis par Mme A... depuis l'expiration du délai de relogement ouvrent droit à réparation, et a condamné l'État à lui verser une indemnité mensuelle de 300 euros à compter du 9 août 2022. Les textes appliqués sont principalement le code de la construction et de l'habitation, ainsi que le code de justice administrative.
Avocat : COMMERCON
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2511164
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en formation sociale, a examiné la demande de M. B... visant à obtenir l'annulation du refus implicite du département des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte mobilité inclusion avec la mention "stationnement pour personnes handicapées". Le requérant soutenait que son état de santé, aggravé depuis 2020, réduisait son périmètre de marche à moins de 200 mètres et nécessitait un accompagnement. Le tribunal a appliqué les dispositions de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, qui subordonne l'attribution de cette carte à un handicap réduisant de manière importante et durable la capacité de déplacement à pied ou imposant un accompagnement. La solution retenue n'est pas explicitement mentionnée dans l'extrait fourni, mais le tribunal a pris en compte les pièces du dossier et les arguments des parties pour statuer.
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2505883
Le Tribunal Administratif de Nice a été saisi en référé-provision par la société Azur Santé Plus et son mandataire pour obtenir le paiement de prestations d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de prestation de compensation du handicap (PCH) dues par le département des Alpes-Maritimes. Le département a soulevé l’incompétence de la juridiction administrative, arguant que le litige relevait de la procédure de redressement judiciaire de la société. Le tribunal a retenu cette exception, jugeant qu’il n’appartient qu’à la juridiction judiciaire, seule compétente pour les litiges liés au déroulement du redressement judiciaire, de se prononcer sur l’existence d’une connexité entre les créances, en application des articles L. 622-7 et L. 631-14 du code de commerce. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente.
Avocat : LEXAZUR AVOCATS
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2508715
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en urgence sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a enjoint au préfet de la Gironde de proposer à M. B..., reconnu prioritaire par la commission de médiation, une place en centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou d'hébergement d'urgence (CHU) avant le 15 février 2026. Cette injonction est assortie d'une astreinte, le requérant vivant sous une tente depuis mai 2023 sans aucune offre d'hébergement depuis plus de six mois. La solution retenue fait application des articles L. 441-2-3-1 et R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation.
Avocat : WURTZ
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2600534
Le Tribunal Administratif de Montpellier, statuant en référé, a ordonné une expertise à la demande de la commune de Saint-Nazaire-d’Aude. La mesure vise à constater l’état d’un immeuble (parcelle AA 21) avant la démolition d’un mur voisin (parcelles AA 19 et AA 20), en raison d’un risque d’atteinte à ce bien. Le juge a fait droit à la requête sur le fondement des articles R. 531-1 et R. 532-1-1 du code de justice administrative, estimant la demande utile pour la préservation des droits des parties. L’expert désigné devra décrire l’état des lieux, identifier les causes et l’étendue des dommages potentiels, et chiffrer les travaux de réparation nécessaires.
Avocat : SELARL VPNG AVOCATS
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2207335
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A... contestant ses impositions sur le revenu pour 2016, 2017 et 2018. Pour l'année 2017, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer, l'administration ayant déjà accordé un dégrèvement total. Pour l'année 2016, la demande a été jugée irrecevable car la réclamation préalable de M. A..., introduite le 14 mars 2022, était tardive au regard des délais prévus par les articles R. 196-1 et R. 196-3 du livre des procédures fiscales. Enfin, la demande de rectification pour l'année 2018 a été rejetée comme irrecevable, la simple erreur déclarative sur le montant d'une pension alimentaire n'étant pas de nature à fonder une demande de décharge contentieuse.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2208144
Le Tribunal Administratif de Grenoble a statué sur la requête de la SARL Courchevel Aspen Lodge, qui contestait des rehaussements fiscaux (impôt sur les sociétés, TVA, retenue à la source) notifiés suite à une vérification de comptabilité. Le litige portait principalement sur la cession d’un bien immobilier à un prix jugé minoré par l’administration, qualifié d’acte anormal de gestion. Le tribunal a partiellement donné raison à la société en prononçant un dégrèvement partiel de 87 803 euros, mais a rejeté le surplus de ses demandes, confirmant le bien-fondé des impositions restantes et des pénalités pour manquement délibéré et manœuvres frauduleuses. La décision s’appuie sur les dispositions du code général des impôts, notamment les articles 111, 119 bis, 266 et 1729.
Avocat : DGM ET ASSOCIES
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2600610
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête en référé-provision de la SAS MRA Groupe, qui demandait la condamnation de l'ANAH à verser 28 020,40 euros au titre de la prime "MaPrimeRénov'". La société requérante, bien que représentée par un avocat, ne justifiait pas d'une qualité pour agir au nom du bénéficiaire de la subvention, faute d'un mandat de représentation en justice conforme aux articles R. 431-2 et R. 431-5 du code de justice administrative. Le juge a considéré que ce mandat, même fondé sur le code civil, ne pouvait suppléer à l'obligation de représentation par avocat pour les demandes indemnitaires. La requête a donc été déclarée irrecevable et rejetée en toutes ses conclusions.
Avocat : GIBOIRE